SCENE vm
lADY FRANCIS, LORD ROCHESTER.
LORD ROCHESTER , à part.
M'en voilà délivré. — Hasardons l'avenlure !
L'œil fixé sur Francis, toujours immobile et pensive.
Que de grâce et d'attraits ! divine créature !
D'abord tournons la place , avant de l'attaquer.
Une fille est un fort, j'ai pu le remarquer.
Les clins d'yeux qu'on lui fait , la mise recherchée ,
Les petits soins, les mots galants, sont la tranchée
Qui s'avance en zig-zag ; la déclaration.
C'est l'assaut ; le quatrain , — capitulation !
.le ne puis suivre ici les règles ordinaires.
Ainsi brusquons un peu tous les préliminaires.
Il s'avance vers Francis.
Haut, en s'inclinant.
Miss...Mylady!... —
LADY FRANCIS , se retournant d'un air étonni^. Monsieur?
LORD ROCHESTER, à part.
Son regard m'interdit
LADY FRANCIS , avec un sourire.
Ah ! c'est le chapelain !...
LORD ROCHESTER, à part.
Accoutrement maudit !
J'ai beau prendre les airs les plus coquets du monde , Elle ne voit en moi qu'un pédant tête-ronde !
LADV FRANCIS.
Saint homme , donnez-moi la bénédiction. Quel texte m'allez-vous prêcher ?
LORD ROCHESTER
La passion,
LADY FRANCIS
J'ai le cœur bien touché du zèle qui vous presse. Vous voyez devant vous une humble pécheresse , Mon père.
Son père ! ah ! n'ai-je rien de suspect ?
Haut.
Ma fille!... écoutez-moi.
LADY FRANCIS
J'écoute avec respect,
LORD ROCHESTER, à part.
Suis-je assez malheureux d'avoir l'air respectable ?
Haut.
Ma fille !.,. écoutez-moi. — Ce n'est pas charitable D'épandre autour de vous des ravages affreux!
LADY FRANCIS, étonnée.
Moi?
LORD ROCHESTER, poursuivant.
L'un de vos regards , seul , fait cent raalheureui.
LADY FRANCIS
Vous vous trompez !
LORD ROCHESTER
Oh non !
LADY FRANCIS
Mais quels sont donc mes crimes?
LORD ROCHESTER
Vous avez sous les yeux une de vos victimes.