‹ uvres de Victor HugoChapitre 67 sur 599 · ROMANCE MAURESQUE · texte numérisé non relu

ROMANCE MAURESQUE

Dixù le: — dime , buen hombre, ■ Lo que pregunlarte queria.

ROiMANCERO GENERAL.

Don Rodrigue est à la chasse.

Sans épée et sans cuirasse ,

Un jour d'été , vers midi , Sous la feuiilée et sur l'herbe Il s'assied , l'homme superbe , Don Rodrigue le hardi !

La haine en feu le dévore.

Sombre , il pense au bâtard maure ,

A son neveu Mudarra ,

Dont les complots sanguinaires

Jadis ont tué ses frères ,

Les sept infants de Lara.

Pour le trouver en campagne ,

Il traverserait l'Espagne

De Figuère A Setuval.

L'un des deux mourrait sans doute.

En ce moment sur la route

Il passe un homme à cheval.

— Chevalier , chrétien ou maure , Qui dors sous le sycomore ,

Dieu te guide par la main !

— Que Dieu répande ses grâces Sur toi , l'écuyer qui passes , Qui passes par le chemin!

— Chevalier , chrétien ou maure , Qui dors sous le sycomore , Parmi l'herbe du vallon ,

Dis ton nom , afin qu'on sache Si tu portes le panache D'un vaillant ou d'un félon.

— Si c'est là ce qui t'intrigue.

On m'appelle don Rodrigue , Don Rodrigue de Lara ;

Dona Sanche est ma sœur même :

Du moins , c'est à mon baptême Ce qu'un prêtre déclara.

J'attends sous ce sycomore:

J'ai cherché d'Albe à Zaraore Ce Mudarra le bâtard , Le fils de la renégate , Qui commande une frégate Du roi maure Aliatar.

Certe , à moins qu'il ne m'évite , Je le reconnaîtrais vite :

Toujours il porte avec lui Notre dague de famille ; Une agate au pommeau brille, Et la lame est sans étui.

Oui , par mon âme chrétienne , D'une autre main que la mienne Ce mécréant ne mourra.

ORIENTALES

C'est le bonheur que je brigue...

— On l'appelle don Rodrigue , • Don Rodrigue de Lara ?

Eh bien ! seigneur , le jeune homme Qui le parle et qui te nomme , C'est Mudarra le bâtard.

C'est le vengeur et le juge.

Cherche à présent un refuge ! — L'autre dit: Tu viens bien lard !

— Moi , tils de la renégate.

Qui commande une frégate Du roi maure Aliatar,

Moi , ma dague et ma vengeance , Tous les trois d'intelligence , Nous voici ! — Tu viens bien tard !

— Trop tôt pour toi , don Rodrigue , A moins qu'il ne te fatigue

De vivre... Oh! la peur t'émeut, Ton front pâlit ; rends , infâme , A moi ta vie , et ton âme A ton ange , s'il en veut !

Si mon poignard de Tolède Et mon Dieu me sont en aide , Regarde mes yeux ardents , Je suis ton seigneur , ton maître , Et je t'arracherai, traître, Le souffle d'entre les dents!

Le neveu de dona Sanche

Dans ton sang enfin étanche

La soif qui le dévora.

Mon oncle , il faut que tu meures !

Pour toi plus de jours ni d'heures 1...

— Mon bon neveu Mudarra ,

Un moment ! attends que j'aille Chercher mon fer de bataille.

— Tu n'auras d'autres délais Que celui qu'ont eu mes frères :

Dans les caveaux funéraires

Où tu les as mis , suis-les !

Si , jusqu'à l'heure venue , J'ai gardé ma lame nue , C'est que je voulais , bourreau , Que , vengeant la renégate , Ma dague au pommeau d'agate Eût la gorge pour fourreau.

Mai 1S28.

^TuntaU ^rmU-nnïème.

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