‹ uvres de Victor HugoChapitre 89 sur 599 · L'HISTOIRE · texte numérisé non relu

L'HISTOIRE

Fcrrea vox.

ViRGILR.

Le sort des nations , comme une mer profonde , A ses écueils cachés et ses gouffres mouvants. Aveugle qui ne voit , dans les destins du monde, Que le combat des flots sous la lutte des vents !

Un souffle immense et fort domine ces tempêtes. Un rayon du ciel plonge à travers cette nuit. Quand l'homme aux cris de mort mêle le cri des fêles , Une secrète voix parle dans ce vain bruit.

Les siècles tour â tour, ces gigantesques frères, Différents par leur sort, semblables dans leurs vœux. Trouvent un but pareil par des roules contraires , Et leurs fanaux divers brillent des mêmes feux.

Muse ! il n'est point de temps que tes regards n'embrassen t ; Tu suis dans l'avenir leur cercle solennel ; Car les jours , et les ans , et les siècles, ne tracent Qu'un sillon passager dans le fleuve éternel.

Bourreaux , n'en doutez pas , n'en douiez pas, victimes ! Elle porte en tous lieux son immortel flambeau , Plane au sommet des monts, plonge au fond des abîmes. Et souvent fonde un temple où manquait un tombeau.

ODES

Elle apporte une palme aux héros qui succombent , Du char des conquérants brise le frêle essieu , Marche en rêvant au bruit des empires qui tombent , El dans tous les chemins montre les pas de Dieu !

Du vieux palais des temps elle pose le faîte; Les siècles à sa voix viennent se réunir ; Sa main , comme un captif honteux de sa défaite , Traîne tout le passé jusque dans l'avenir.

Recueillant les débris du monde en ses naufrages, Son œil de mers en mers suit le vaste vaisseau , Et sait voir tout ensemble , aux deux bornes des âges , Et la première tombe et le dernier berceau !

^ÎTje ^xomèmi.

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