RÉPONSE CATÉGORIQUE
AU SIEUR COGÉ.
Mon maître, outre plusieurs lettres anonymes, a reçu deux lettres outrageantes et calomnieuses, signées Cogé, licencié en théologie , et professeur de rhétorique ait collège Mazarin. Mon maître , âgé de soixante-quatorze ans, et achevant ses jours dans la plus profonde retraite , ne savait pas 9 il y a quelques mois, s'il y avait un tel homme au monde. Il peut être //cencié; et ses procédés sont assurément d'une grande licence. Il écrit des injures à mon maître; il dit que mon maître est l'auteur d'une honnêteté théologique *. Mon maître sait quelles malhonnêtetés théologiques on a faites à M. Marmontel , qui est son ami depuis vingt ans^; mais il n'a jamais fait d^ honnêteté théo^ logique. Il ne conçoit pas même comment ces deux
I Cet écrit, recueilli par Grimm dans sa Correspondance y en janvier f 768 , est probablement la réponse dont Voltaire parle dans sa lettre à Damilaville, du 14 décembre 1767. Cest M. Clogeusonqui, en iSaSfl'ale premier admis dans les Œuvres de Voltaire. Voy. ci-dessuji, 4 1 x et 435. R.
> L*abbé Morellet croyait que Y Honnêteté tlœologique était de Voltaire. Mais Grimm {Correspondance, décembre 1768) dit que DamikviUe, qui en est Tauteur, Tattribua à Voltaire qui parait Tavoir rebouisé. B.
3 C'est a la fin de 1745 que Voltaire avait personnellement connu Marmontel qui, depuis 1743, était eu correspondance avec lui; mais le billet le plus ancien de Voltaire qui soit conservé est de novembre ou décembre 1745; voyez tome LV. B.
REPONSE CATéGORIQDE. I 767. 56l
mots peuvent se trouver eusemble. Quiconque dit que mou maître a fait une pareille honnêteté, est un malhonnête homme et a menti. On est accoutumé à de pareilles impostures. Mon maître n'a pas même lu cet ouvrage, et n'en a jamais entendu parler. Il a lu Bélismre, et l'a admire avec toute l'Europe. Il a lu les plats libelles du sieur Cogé contre Bélisaire, et, ue sachant pas de qui ils étaient, il a écrit h M. Marmoiitel qu'ils ne pouvaient être que d'un maraud ".
Si l'on a imprimé à Paris la lettre de mon maître, si l'on y a mis le nom de Cogé , on a eu toit ; mais le sieur Cogé a eu cent fois plus de tort, d'oser insulter M. Marmontel, duni il n'est pas digne de lire les ouvrages. Un régent de collège qui fait des libelles mérite d'être renfermé dans une maison qui ue s'appelle pas un collège.
■Toyei U lettre du 7 angiutB 1767, de Tollaire i Uirmonlel. Q..