CHAP. VII J. MOEURS
dit la sainte Ecriture *, « tous ceux qui avaient de «mauvaises affaires, qui étaient perdus de dettes, et a d'un esprit méchant, s'assemblèrent avec lui. »
C'était un homme selon le cœur de Dieu^; aussi la première chose qu'il veut faire est d'assassiner un tenancier nommé Nabal , qui lui refuse des contributions: il épouse sa veuve; il épouse dix-huit femmes, sans compter les concubines *"; il s'enfuit chez le roi Achis , ennemi de son pays ; il y est bien reçu , et pour récompense il va saccager les villages des alliés d' Achis; il égorge tout, sans épargner les enfants à la mamelle, comme l'ordonne toujours le rite juif; et il fait accroire au roi Achis qu'il a saccagé les villages hébreux. Il fallt avouer que nos voleurs de grand chemin ont été moins coupables aux yeux des hommes; mais les voies du Dieu des Juifs ne sont pas les nôtres.
T^ bon roi David ravit le trône à Isboseth , fils de Saûl. Il fait assassiner Miphiboseth, fils de son protecteur Jonathas. Il livre aux Gabaonites deux enfants de Saûl et cinq de ses petits-enfants, pour les faire tous pendre. Il assassine Urie pour couvrir son adultère avec Bethsabée; et c'est encore cette abominable Bethsabée, mère de Salomon, qui. est une aïeule de Jésus-Christ.
La suite de VHistoù'e juive n'est qu'un tissu de forfaits consacrés. Salomon commence par égorger son frère Adonias. Si Dieu accorda à ce Salomon le don de la sagesse, il paraît qu'il lui refusa ceux de
■ 1% RoiM, ch. XXII, V. a. •— •* Ibid., ch. xxv. — « Ibid., ch. xxvii.
l'humanité, de la justice, de la continence, et de la foi. Il a sept cents femmes et trois cents concubines. Le cantique qu'on lui impute est dans le goût de ces livres erotiques qui font rougir la pudeur. Il n'y est parlé que de tétons , de baisers sur la bouche , de ventre qui est semblable à un monceau de froment, d'attitudes voluptueuses, de doigts mis dans l'ouverture, de tressaillement ; et enfin il finit par dire : « Que tf ferons«-nous de notre petite sœur? Elle n'a point « encore de tétons; si c'est un mur, bâtissons dessus; ff si c'est une porte, fermons-la. «Telles sont les mœurs du plus sage des Juifs, ou du moins les mœurs que lui imputent avec respect de misérables rabbins et des théologiens chrétiens encore plus absurdes.
Enfin, pour joindre l'excès du ridicule à cet excès d'impureté , la secte des papistes a décidé que le ventre de la Sulamite et son ouverture , ses tétons et ses baisers sur la bouche, sont l'emblème, le type du mariage de Jésus-Christ avec son Église*.
De tous les rois de Juda et de Samarie , il y en a très peu qui ne soient assassins ou assassinés, jusqu'à ce qu'enfin ce ramas de brigands qui se massacraient les uns les autres dans les places publiques et dans le temple, pendant que Titus les assiégeait,
* On sait que les théologieiis chrétiens font passer ce livre impudique pour une prédiction du mariage de Jésus-Christ avec son Église. Comme si Jésus prenait les létons de son Église , et mettait la main i son ouverture; et sur quoi cette belle eiplication est-elle fondée? sur ce que Chr'ulus est masculin, et ecclesia féminin. Mais si au lieu du féminin ecciesia, on s*ctait servi du mot masculin catus, convenUu, que serait-il arrivé? Quel notaire aurait fût ce contrat de mariage ? — Les huit derniers mots de cette note ont paru , pour la première fois, dans les éditions de KehI. Le reste est de i77«- B.
74 GHAP. VIII. MCEURS DES JUIFS.
tombe sous le fer, et dans les chaînes des Romains avec le reste de ce petit peuple de Dieu , dont dix douzièmes avaient été dispersés depuis si long-temps en Asie, et soit vendu dans les marchés des villes romaines, chaque tête juive étant évaluée au prix d'un porc, animal moins impur que cette nation même, si elle fut telle que ses historiens et ses prophètes le racontent.
Personne ne peut nier que les Juifs n'aient écrit ces abominations. Quand on les rassemble ainsi sous les yeux, le cœur se soulève. Ce sont donc là les hérauts de la Providence, les précurseurs du règne de Jésus ! Toute riiistoire juive, dites- vous, ô Abbadie! est la prédiction de l'Église ; tous les prophètes ont prédit Jésus; examinons donc les prophètes.
Des prophètes.
Prophète, «fl^/, roéh y parlant , voyant y dei^in, cW la même chose. Tous les anciens auteurs conviennent que les Égyptiens, les Chaldéens, toutes les nations asiatiques, avaient leurs prophètes, leurs devins. Ces nations étaient bien antérieures au petit peuple juif, qui , lorsqu'il eut composé une horde dans un coin de terre, n'eut d'autre langage que celui de ses voisins, et qui , comme on l'a dit ailleurs % emprunta des Phéniciens jusqu'au nom de Dieu Eloha, Jehova, Adonaî ,
> Voyez tome XV, page 6i; XXXI, a3g; et XL, 608. B.
CHAP. IX. DES PROPHÈTES. yS
Sadaî ; qui enfin prit tous les rites , tous les usages des peuples dont il était environné, en déclamant toujours contre ces mêmes peuples.
Quelqu'un a dit ' que le premier devin , le premier prophète fut le premier fî'ipon qui rencontra un imbécile; ainsi la prophétie est de Tantiquité la plus haute. Mais à la fraude ajoutons encore le fanatisme; ces deux monstres habitent aisément ensemble dans les cervelles humaines. Nous avoi» vti arriver à T^ondres par troupes, du fond du Languedoc et du Yivarais, des prophètes, tout semblables à ceux des Juifs, joindre le plus horrible enthousiasme aux plus dégoûtants mensonges. Nous avons vu Jurieu prophétiser en Hollande. Il y eut de tout temps de tels imposteurs, et non seulement des misérables qui fesaient des prédictions, mais d'autres misérables qui supposaient des prophéties faites par d'anciens personnages.
Le monde a été plein de sibylles et de Nostradamus. Jj^lcoran compte deux cent vingt*quatre mille prophètes. L'évéque Epiphane , dans ses notes sur le canon prétendu des apôtres, compte soixante et treize prophètes juifs et dix prophétesses. Le métier de prophète chez les Juifs n'était ni une dignité , ni un grade, ni une profession dans l'état; on n'était point reçu prophète comme on est reçu docteur à Oxford ou à Cambridge : prophétisait qui voulait ; il suffisait d'avoir, ou de croire avoir, ou de feindre d'avoir la vocation et l'esprit de Dieu. On annonçait l'avenir en dansant et en jouant du psaltérion. Saûl , tout ré-
' Voltaire lui-même; voyei tome XV, page i36. B.
7(i CH4P. IX. DES PROPHÈTES.
prouvé qu'il était, s'avisa d'itre prophète. Chaque parti dans les guerres civiles avait ses prophètes, comme nous avons nos écrivains de Grub-street'. Les denx partis se traitaient réciproquement de fous, île visionnaires , de menteurs , de fripons , et en cela seul ils disaient la vérité. Scitote Israël siullum prophetam, insanuni virum spiritualein*' , dit Osée, selon la f^algale.
Les prophète? de Jérusalem sont des extravagants, (les hommes sans fui, dit Sophoniah, prophète de Jérusalem". Ils sont tous comme noti'e apothicaire Moore qui met dans nos gazettes : Prenez de mes pilules, gardez-vous des contrefaites.
\a' prophète Miehéo prédisant des malheurs kux rois (le Samarit! et de Jtida, le prophète Sédékias lui applique tiu énorme soufflet , en lui disant : Comment Cespritde Dieu est-il passé par moi pour aller à loi^?
Jérémie, qui prophétisait en faveur de Nabucliodonosor, tyran des Juifs, s'était mis des cordes au cou ', et un bat ou un joug sur le dos, car c'était un type; et il devait envoyer ce type aux petits roitelets voisins , pour les inviter à se soumettre à Nahuchodonosor. Le prophète Hananias, qui regardait Jéi-émie comme un traître, lui ariache ses cordes', les rompt, et jette son Uit à terre,
ici c'est Osce à qui Dieu ordonne de prendre une
* (irub-ilreet ctl It nie oA l'on intprinp l> |ilii|i>r qu'uu fuit juuTuelteoicul À Londrc*. ■ 7<>7.
''Oiéc. ch. II, t. 7. — 'S«ph., chip, m, 4. ^11. Paralip.. itiii,i:i.
• J«rnui<!.x»ii. a. B. — 'Id.. w»iti, \o. B.
GHâP. IX. DES PROPHETES. 77
p..... et d'avoir des fils de p ' Vadej sume tibi uxo-
rem fomicationunij et foc tibi filios fornicationum ^ dit la Fulgate. Osée obéit ponctuellement ; il prend Gomer , fille d'Ébalaïm ; il en a trois enfants : ainsi cette prophétie et ce putanisme durèrent au moins trois années. Cela ne sujffit pas au dieu des Juifs; il veut qu'Osée^ couche avec une femme qui ait fait déjà son mari cocu. Il n'en coûte au prophète que quinze drachmes et un boisseau et demi d'orge; c'est assez bon marché pour un adultère "". Il en avait coûté encore moins au patriarche Juda pour son inceste avec sa bru Thamar.
Là , c'est Ézéchiel ^ qui , après avoir reçu de Dieu l'ordre de dormir trois cent nouante jours sur le coté gauche , et quarante sur le côté droit , d'avaler un livre de parchemin , de manger un sir révérend* sur son pain, introduit Dieu lui-même, le créateur du monde, parlant ainsi à la jeune Oolla : ce Tu es de» (c venue grande, tes tétons ont paru, ton petit poil a «commencé à croître; je t'ai couverte, mais tu t'es « bâti un mauvais lieu ; tu as ouvert tes cuisses à tous
* Osée, ch. I. — ^ IbkL , cb. tn.
^ Remarquez que le prophète se sert du mot propre foM eam .«je la f-. O abomioatioD! Et on met ces livres infâmes entre les mains des jeunes garçons et des jeunes filles, et des séducteurs entraînent ces jeunes TÎciimes dans des couTents ! 1771.
^ Ézéch. , cb. iT.
*Un sir révérend, en anglais, est un étron. 1767. Quoil Dieu aurait ordonné de sa boucbe à un prophète de manger de la merde pendant trois cent quatre-tingt-dix jours, couché sur le c6lé gauche ! Quel fou de Bedlam, couché dans son ordure, pourrait imaginer ces dégoûtantes horreurs? et on les débite chez un peuple qui a calculé la gravitation et raberratien de la lumière des étoiles fixes! 1776.