POST'SCRIPTUM
Défense d*an jardinier.
Le même Cogéos attaqua non moins cruellement un pauvre jardinier d'une province de Cappadoce, et Taccusa, page 54 9 d'avoir écrit ces propres mots: « Notre religion, avec toute sa révélation, n'est et ne « peut être que la religion naturelle perfectionnée. »
Voyez, mon cher lecteur, la malignité et la calomnie! Ce bon jardinier était un des meilleurs chrétiens du canton , qui nourrissait les pauvres des légumes qu'il avait semés , et qui pendant l'hiver s'amusait à écrire pour édifier son prochain , qu'il aimait. Il n'avait jamais écrit ces paroles ridicules et presque impies, opec toute sa révélation ( une telle expression est toujours méprisante), cet homme, avec tout son latin y ce critique, avec tout son fatras. Il n'y a pas un seul mot dans ce passage du jardinier, qui ait le moindre rapport à cette imputation. Ses œuvres ont été recueillies; et dans la dernière édition de 1 764 9 p* 25a , ainsi que dans toutes les autres éditions, on trouve le passage que Côgéos ou Cogé a si lâchement falsifié. Le voici en français, tel qu'il a été fidèlement traduit du grec'.
ce Celui qui pense que Dieu a daigné mettre un rap- « port entre lui et les hommes, qu'il les a faits libres,, (c capables du bien et du mal , et qu'il leur a donné* « à tous ce bon sens qui est l'instinct de l'homme
> Tome XXXIT) pages 349-5o. B.
]>iFBirS£ O'UN JARDINIER. 4'^
a et sur lequel est fondée la loi naturelle, celui-là sans « doute a une religion , et une religion beaucoup meilc( leure que toutes les sectes qui sont hors de notre «Église; car toutes ces sectes sont fausses, et la loi « naturelle est vraie. Notre religion révélée n'est même (c et ne pouvait être que celte loi naturelle perfectionce née. Ainsi le théisme est le bon sens qui n'est pas a encore instruit de la révélation, et les autres religions ce sont le bon sens perverti par la superstition. »
Ce morceau avait été honoré de l'approbation du patriarche de Constantinople et de plusieurs évêques; il n'y a rien de plus chrétien, de plus catholique, de plus sage.
Comment donc ce Cogé osa-t-il mêler son venin auK eaux pures de ce jardinier? pourquoi voulut-il perdre ce bon-homme, et faire condamner Bélisaire? N'est-ce pas assez d'être dans la dernière classe des derniers écrivains? faut-il encore être faussaire? Ne savais-tu pas, ô Cogé! quels châtiments étaient ordonnés pour les crimes de faux? Tes pareils sont d'ordinaire aussi mal instruits des lois que des principes de l'honneur. Que ne lisais-tu les Instituts de Justinien^ au titre De publicis judiciis y et la loi Cornelia?
Ami Cogé, la falsification est comme la polygamie; dest un caSj un cas pendable '.
Écoute, misérable, vois combien je suis bon, je te pardonne.
I Molière, M, de Pourceaugnac , acte U, scène i3. B.
4l4 CH. XXif. DBRiri£R AVIS AU LBCTEUR.