VA»T-PROPOS
moine et d'un cmpiritfue; et la nôtre ù peu près de même'. Un vicaire, un dissenler, assiègent leurs derniers moments.
Un très pntit nombre d'hommes examine; mais l'esprit de paiti , l'envie de se faire valoir, les préoccupe. Un grand homme ', parmi nous , n'a été chrétien que parcequ'il élait ennemi de Collins ; notre Whiston ' n'était chrétien que parcequ'îl élail arien. Grolius ne voulait que confondre les gomaiistes. BossueC soutint le papisme contre Claude, qui combaltait pour la secte calviniste. Dans les premiers siècles, les ariens combattaient contre les athauasiens. J/empereur Julien et son paru combattaient contre ces deux sectes ; et le reste de la terre contre les chrétiens, qui disputaient avec les juifs. A qui croire? il faut donc examiner;
• Non ; milord Bolingbroke ït Irop loin i on vil el un mciirl comme on »eul ehei luiua. H n'* a tiiie les lirhri et ]ti «uperilitieui qui rasojpnl chercher un praire. Etcp prélre ne moque d'eui. Il sait bï«n qu'il n'est pat un-
baïudcur de Dieu auprès de) niuribouds.
vienne Tout effrayer eu cérémoDir, qu'on déploie detant vui» loui l'allirail d'une citri>nie-onclion el ton» les élendards de la mort. On vous apporte le Dieu des pipiates escorté de sii Itauiliaïui. Tous les gueui ont le droit d'entrer dani lolrc chambre; plut on mel d'appareil à relie pompe lugubre, plus le Ims clergé y ga^oe. Il vous prouunce voire teolepcc, el va boire lu cabaret les épices du procès. Les esprils bibles soûl si rrippés de l'horreur de celle cérémoniE, que plusieurs eu meurent. Je sais que M. Falcounet, un des médecins du roi de France, ajaiit vu une de irs malades tourner à la mort au seul ipecUcle de lau extrime-onclion. déclara au roi qu'il ne ferail plusjaiDut adoiiaitlrer 1rs ucrtoientsi personne. 1771.
■Je crois que Yoltairr vrut ici parler de Samuel Clarke (né en 167S, Dwrl en >7i9)i qui a publié luie réfiilalion de l'ouvrage de Collins sur la liberlé de rbouinic. B.
• Guillaume Whîslon, né eu 1667, morl eu 175a. Il vivait encore a U date oit l'Esamen tmaortaiil est rente atoir clé compose. B.
AVANT-PBOPOS. 4^
c^est un devoir que personne ne révoque en doute. Un homme qui reçoit sa religion sans examen ne diffère pas d'un bœuf qu'on attelle.
Cette multitude prodigieuse de sectes dans le christianisme forme déjà une grande présomption que toutes sont des systèmes d'erreur. L'homme sage se dit à lui-même : Si Dieu avait voulu me faire connaître son culte, c'est que ce culte serait nécessaire à notre espèce. S'il était nécessaire , il nous l'aurait donné à tous lui-même, comme il a donné à tous deux yeux et une bouche. Il serait partout uniforme, puisque les choses nécessaires à tous les hommes sont uniformes. Les principes de la raison universelle sont communs à toutes les nations policées, toutes reconnaissent un Dieu : elles peuvent donc se flatter que cette connaissance est une vérité. Mais chacune d'elles a une religion différente; elles peuvent donc conclure qu'ayant raison d'adorer un Dieu , elles ont tort dans tout ce qu'elles ont imaginé au-delà.
Si le principe dans lequel l'univers s'accorde paraît vraisemblable, les conséquences diamétralement opposées qu'on en tire paraissent bien fausses; il est naturel de s'en défier. La défiance augmente quand on voit que le but de tous ceux qui sont à la tête des sectes est de dominer et de s'enrichir autant qu'ils le peuvent, et que, depuis les dairis du Japon jusqu'aux évêques de Rome, on ne s'est occupé que d'élever à un pontife un trône fondé sur la misère des peuples, et souvent cimenté de leur sang.
Que les Japonais examinent comment les dairis les
fmr
46 AVANT-HilOl'O.s.
ont !oiig-U^mps subjugués; que les Tartares se servent de leur raison pour juger si le grand lama est immortel; que tes Turcs jugent leur yilcoran ; mais nous autres chrétiens, examinons notre Évangile.
Dès là que je veux sincèrement examiner, j'ai droit d'affirmer que je ne tromperai pas : ceux qui n'ont écrit que pour prouver leur sentiment me sont suspects.
Pascal commence par révolter ses lecteurs, dans ses pensées informes qu'on a recueillies : « Que ceux « qui combattent la religion chrétienne, dit -il, ap- « prennent à la connaître, etc. ' » Je vois à ces mots un bomme de parti qui veut subjuguer.
On m'apprend qu'un curé, en France, nommé Jean Meslier, mort depuis peu ", a demandé pardon à Dieu, en mourant, d'avoir enseigné le christianisme'. Cette disposition d'un prêtre à l'article de la mort fait sur moi plus d'effet que l'enthousiasme de Pascal. J'ai vu en Dorselshire, diocèse de Bristol, un curé renoncer à une cure de deux, ccnis livres sterling, et avouer à ses paroissiens que sa conscience ne lui permettait pas de leur prêcher les absuides horreurs de la secte chrétienne. Mais ni le testament de Jean Meslier, ni la déclaration de ce digne curé, ne sont
• P■Sl^al a dit : " Que ceux qui comliattenl la religion apprennent Ru - moins quelle elle eit «vent de U eomballre. -
17Ï3, Vojei, tome XL, page 3t MeiUcr. B.
' OU i!jl Irei vrai; il élail cure J'Étrépigni , près Rocmi, sur les fronlières de la Cbimpagoe. Piuiieim curieux ont An exiniils de «m testa-
avaut-phopos. 4?
pour moi des preuves décisives. Le juif Uriel Acosta ' renonça publiquement à \ Ancien Testament dans Amsterdam : mais je ne croirai pas plus le juif Acosta que le curé Meslier. Je dois lire les pièces du procès avec une attention sévère, ne me laisser séduire par aucun des avocats , peser devant Dieu les raisons des deux partis, et décider suivant ma conscience. C'est à moi de discuter les arguments de Wollaston et de Ciarke, mais je ne puis en croire que ma raison.
J'avertis d'abord que je ne veux pas toucher à notre Église anglicane, en tant qu'elle est établie par actes de parlement. Je la regarde d'ailleurs comme la plus savante et la plus régulière de l'Europe. Je ne suis point de l'avis du fFhig indépendant^ qui semble vouloir abolir tout sacerdoce, et le remettre aux mains des pères de famille, comme du temps des^patriarches. Notre société , telle qu'elle est , ne permet pas un pareil changement. Je pense qu'il est nécessaire d'entretenir des prêtres, pour être les maîtres des mœurs, et pour offrir à Dieu nos prières. Nous verrons s'ils doivent être des joueurs de gobelets , des trompettes de discorde , et des persécuteurs sanguinaires. Commençons d'abord par m'instruire moi-même.
* Voyez son article dans la neuvième des Lettres à S, A* moiueigneut le prince de ***, qui fait partie du présent yolnme. B.
CHAP. I. DES I.IVRKS
Dfs livres de MoTse.
IjC christianismepst fondé sur le judaïsme' ; voy(
'ons
donc si le judaïsme est l'ouvrage de Dieu. On me (loi à lire les livres de Moïse, je dois ra'iiiformer d'abord si ces livres sont de lui.
1° Esl-il vraisemblable que Moïse ait fait graver le Pentaleuçue , ou du moins les livres de la loi, sur la
* Supposé, par un impoisible, r|ii'uae série ausii abturde et ai»si «Sreuie que iejudabniv (ùl l'oinrage de Dieu, il lerail démontré eo recai, el par cetiF seule supjiDiiliaa , que la »eele des galilêeas c'est fondée que sur l'imposlure. Cela »l démonlré eu rigueur.
Dès qu'un lUppDK une vérité queleonque, cnoDcce par Dieu même, codstalée partes plus épuuvanlahlei prodige), scellée du ung humain ; dès que Dieu. lelan tous, A dit cent fuis que cette vérilé, celle lui, sera étemelle; dés qu'il a dit duit celte loi qu'il faut tuer sans miséricorde celui qui loudra relnachiT de n loi ou y ajoulerj dés qu'il a commandé que loul prophète [Deul. , iiii, I. S, 6] qui ferait des miracles pour lulislituer une nouveauté à cette ancienne loi fût mis à mort par son meîlWr ami, par son frère; il est clair comme le jour que le chriitiaDisme qui abolil le judaïsme dans tous ses rites, est une religion faus» et directemeul ennemie de Dieu même.
On allègue que ta »ecle des chrétiens est faudèe sur ta secte juîie. Ces! comme li on disait que le luBliomèlisme est fuiidé suv la religion antique des Sabéens : il est ué dans leur pajsj maû> loin d'être ne du tablune, il
Ajoutpi à ces raisons un argument beiuroiip plus fort , c'est qu'il n'est pat possible que l'être immuable, ayaul donné une loi à ce prétendu Koé, ignoré de toutes les natious, enceptè des Juifs, en lit donné eusuïle une autre du temps d'uu Pharaon , rt enrui une troisième du temps de Tibère. Cette indigne lable d'un dieu qui donne trois religions dîDcrentea el universelles k un misérable petit peuple ignoré, serait ce que l'esprit bumab a jamais intenté de plus absurde, si loui les détails suivants ne l'étaient davantage. 1771.
pierre, et qu'il ait eu des graveur et des polisseurs de pierre dans un désert affreux, oii il est dit que son peuple n'avait ni tailleurs , ni feseurs de sandales , ni d'étoffes pour se vêtir, ni de pain pour manger, et où Dieu fut obligé de faire un miracle continuel pendant quarante années ', pour conserver les vêtements de ce peuple, et pour le nourrir?
a^ Il est dit dans le livre de Josué^j que l'on écrivit le Deutéronome sur un autel de pierres brutes enduites de mortier. Comment écrivit-on tout un livre sur du mortier ? comment ces lettres ne furent-elles pas ef&cées par le sang qui coulait continuellement sur cet autel ? et comment cet autel , ce monument du Deutéronome^ subsista-t-il dans le pays où les Juifs furent si long-temps réduits à un esclavage que leurs brigandages avaient tant mérité ?
3** Les fautes innombrables de géographie, de chronologie, et les contradictions qui se trouvent dans le PenUUeuque, ont forcé plusieurs Juifs et plusieurs chrétiens k soutenir que le PerUateuque ne pouvait être de Moïse. Le savant Leclerc , une foule de théologiens, et même notre grand Newton, ont embrasse cette opinion ; elle est donc au moins très vraisemblable. ^
4^ Ne suffit-il pas du*simple sens commun pour juger qu'un livre qui commence par ces mots : a Voici^ « les paroles que prononça Moïse au-delà du Jour- «dain,>i ne peut être que d'un faussaire maladroit, puisque le même livre assure que Moïse né passa ja-
' Dettt , XXIX, 5. B. — » vm, 3a. B. — 3 Dent. , i, i. B.
5o CHAP. I. DES LITRES DE MOÏSE.
mais le Jourdain ' ? La réponse d'Abbadie, qu'on peut entendre en-deçà par au-delà , n'est-etle pas ridicule ? et doit-on croire à un prédicant mort fou en Irlande, plutôt qu'à Newton , le plus grand homme qui ait jamais été?
De plus, je demande à tout homme raisonnable s'il y a quelque vraisemblance que Moïse eût donné dans le désert des préceptes aux rois juifs, qui ne vinrent que tant de siècles après lui, et s'il est possible que, dans ce même désert, il eût assigné* quarante-huit villes avec leurs faubourgs, pour la seule tribu des lévites, indépendamment des décimes que tes autres tribus devaient leur payer **? Il est sans doute très naturel que des prêtres aient tâché d'engloutir tout ; mais il ne l'est pas qu'on leur ait donné quarante-huit villes dans un petit canton où il y avait à peine alors deux villages; il eût fallu au moins autant de villes pour chacune des autres hordes juives; le total aurait monté à quatre cent quatre-vingts villes avec leurs faubourgs. Les Juifs n'ont pas écrit autrement leur histoire. Chaque trait est une .hyperbole ridicule, un mensonge grossier, une fable absurde*.
■ DeDt.iii, 17, et xui, a; Dien dit « ttoî/e: -Tous ne ptueret pu le • Jounkiu. ■ Tojeiauuiid., iiiit, f; et Nombres, xi, ii. B.
• DeiilCT., cb. xiï. — '' IS'amb. , ch. lkh, «r««i 7.
' MiJord BaliD^broke s'esi coDienlé d'un ptlk nombre de ea preuvei : ■'il mit TuiiliL, il en aiirnit r*[iporlé plut de deux cmls. Une dei plnl Cartel, i nalre stii, qui fanl voir que lei livrei qu'on priteiid écriu dn tempi de Mui» el de Jusué, lool écrits eu tflet du lempi des roii, c'est que le même livre est ciic dîuu l'iiiitoire de Joiiié, el d«ai cslle det roii jniii. Ce lixv wt celui que mm* ippeloni It DroiiurUr, et qoe les papiste» ■ppelleDi l'Histoire dea Juutt, ou le Livre du Met.
Quand l'autear du /luiitf parle du Mleil qui l'airéiaiurGabaoïi, el de la
CHAP. II. DE LA PERSONNE DE MOÏSE. 5l
^^^'•^•^^•' "^^^•^^■^™^^B^^^^fc ^^■^fc^^^'^^B^^'^ W^F% ^^v^b^
De la personne de Moïse*.
V a-t-il eu un Moïse? Tout est si prodigieux en lut depuis sa naissance jusqu'à sa mort , qu'il paraît un personnage fantastique, comme notre enchanteur Merlin. S'il avait existé, s'il avait opéré les miracles épouvantables qu'il est supposé avoir faits en Egypte, serait-il possible qu'aucun auteur égyptien n'eût parlé de ces miracles, que les Grecs, ces amateurs du merveilleux, n'en eussent pas dit un seul mot ? Flavius Josèphe, qui, pour faire valoir sa nation méprisée, recherche tous les témoignages des auteurs égyptiens qui ont parlé des Juifs, n'a pas le front d'en citer un seul qui fasse mention des prodiges de Moïse. Ce silence universel n'est-il pas une présomption que Moîse est un personnage fabuleux?
lune qtti s*aiTftta sur Aialon en plein midi, il dte ce Livre des jmtet. (/omi, diap. x, Terset i3.)
Quand Tauteur des chroniques ou des Lin«s des Rois parle du cnitique oomposé per David sur la mort de Saûl et de son fib Jonathas, il cite encore ce Livre des Justes, (Bois, livre II « chap. i, verset x-S.)
Or, s'il vous plait, comment le même livre peut-il avoir été écrit dans le temps qui touchait à Moue, et dans le temps de David? Celte horrible bévue n*avait point échappé au lord Boliogbroke ; il en parle ailleurs. G*est on plaisir de voir Tembarras de cet innocent de dom Calmet , qui cherche en vain à pallier une telle absurdité. 1771. — Le mot oîUêÊirs, employé dans ravant-demière phrase de cette noie, désigne probablement le diapttre IV de Dieu et les hommes (voyex tome XLYI) , ouvrage qui est de 17^9, et conséquemment antérieur à eelte note. B.
< Yojes tome XXXI, page aSi ; et, tome XLVI , les chap. ixii à xxvn de Diem et Us hommes, B«
5i CUKP. II. U£ LA. PERSONNF.
Pour peu qu'on ait étudié l'antiquité, on sait que les anciens arabes furent les inventeurs de plusieurs fables, qui, avec le temps, ont eu cours cbez les autres peuples. Ils avaient imaginé l'Iiistoire de l'ancien Bacchus, qu'on supposait très antérieur au temps où les Juifs disent que parut leur Moïse. Ce Bacchus ou Back ', né dans l'Arabie, avait écrit ses lois sur deux tables de pierre; on l'appela Misem , nom qui ressemble fort à celui de Moïse; il avait été sauvé des eaux dans un coffre, et ce nom signifiait sauvé des eaux; il avait une baguette avec laquelle il opérait des miracles; cette verge se changeait en serpent quand il voulait. Ce même Misem passa la mer Rouge à pied sec, à la tête de son armée; il divisa les eaux de l'Oronte et de l'Hydaspe, et les suspendit à droite et à gaucbe ; une colonne de feu éclairait son armée pendant la nuit. Les anciens vers orphiques qu'on chantait dans les orgies de Bacchus, célébraient une partie de ces extravagances. Cette fable était si ancienne, que les Pères de l'Eglise ont cru que ce Misem , ce Bacchus , était leur Noé'.
< Vojei \omt XV. page la*. B.
* Uftul observer que Bscrhui «lall conDU lu Égypic, en Syrie, dans l'Alie miDeiiri:, daiiï la Grèce, chei lu KlruHjiio.long-lFinpiavAtil qu'aucuue ■lahDD eùl CDleadu parler de Muise, et lurloul de Nac et de Inule M génnlogie. Toiil es qui ne M Irouïe que dm» les écrili jiiifi Était ■Uolumeul ignoré des aa'.ioni orieaUlei el otciJeulalïi, depuis le nota d'Adam jusqu!i celui de David.
Le miséraUe [teople juif aiait m chronologie et ses fahlet à pRrl , letqutllM De reiMBlbltieDt que de 1res loin ■ cellea des autres peuples. Set tcrinint, qui ne travaillereat que lrè> lard, pitlereni IduI ce qu'ili Irouvéreul rhei leurs tuisins, el dé<;uisèrtul mal leurs larcin»: lémoïii la Cable de Moïte. qu'ils empnintèreut de Kiccbu) ; témoin leur ridicule Samson . pnsebef Hercule j la fille de Jephié, chez Iphi)iéiiie; U fcninic de Loih.
N'est- il pas de la plus grande vraisemblance que les Juifs adoptèrent cette fable, et qu'ensuite ils récrivirent quand ils commencèrent à avoir quelque connaissance des lettres sous leurs rois? Il leur fallait du merveilleux comme aux autres peuples ; mais ils n'étaient pas inventeurs ; jamais plus petite nation ne fut plus grossière ; tous leurs mensonges étaient des plagiats , comme toutes leurs cérémonies étaient visiblement une imitation des Phéniciens, des Syriens, et des Égyptiens.
Ce qu'ils ont ajouté d'eux-mêmes paraît d'une grossièreté et d'une absurdité si révoltante , qu'elle excite l'indignation et la pitié. Dans quel ridicule roman soufFriraît-on un homme qui change toutes les eaux en sang, d'un coup de baguette, au nom d'un dieu inconnu, et des magiciens qui en font autant au nom des dieux du pays ? La seule supériorité qu'ait Moïse sur les sorciers du roi, c'est qu'il fit naître des poux, ce que les sorciers ne purent faire; sur quoi un grand prince' a dit que les Juifs, en fait de poux, en savaient plus que tous les magiciens du monde.
imitée d'Eurydice, etc. 1771. Eusèbe nous a coDsenré de précieux fragments de Sonchoniathon , qui vivait incontestablement avant le temps où les Juifs plaeent leur Moïse. Ce Sanchoniathoa ne parle pas de la horde juive. Si elle avait existé , s*i1 y avait eu quelque chose de vrai dans la (?r/i^jfr certainement il en aurait dit quelques mots. Eusèbe n'aurait pas manqué de les faire valoir. Le Phénicien Sanchoniathon n*en a rien dit; donc la horde juive n'existait pas alors en corps de peuple ; donc les fables de la Genèse n'avaient encore été inventées par personne. 1776.
X Frédéric U, auquel Voltaire (voyfz tome XL, page 60a) voulut faire attribuer le Sermon des einquanu où se trouve (voyez tome XL, page 61 5) ce queYoltaire rapporte ici. Il est possible, au reste, que l'idée soit de Frédéric B.
54 CHAP. 11. DE LA PERSOIfRE
Comment un ange du Seigneur vient-il tuer tous les animaux d'Egypte ? et comment, après Cfla, le roi d'Egypte a-t-il une armée de cavalerie? et comment cette cavalerie entre-t-elle dans le fond de la mer Rouge ?
Comment le même ange du Seigneur vient-il couper le cou pendant la nuit à tous les aînés des familles égyptiennes ? C'était bien alors que le prétendu Moïse devait s'emparer de ce beau pays, au lieu de s'enfuir en lâche et en coquin avec deux ou trois millions d'hommes parmi lesquels il avait, dit-on, six cent trente mille combattants. C'est avec cette prodigieuse multitude qu'il fuit devant les cadets de ceux que l'ange avait tués. Il s'en va errer dans les déserts, où l'on ne trouve pas seulement de l'eau à boire; et, pour lui faciliter cette belle expédition, son dieu divise les eaux de la mer, en fait deux montagnes à droite et à gauche, afui que son peuple favori aille mourir de faim et de soif.
Tout le reste de l'histoire de Moïse est également absurde et barbare. Ses cailles, sa manne, ses entretiens avec Dieu; vingt-trois mille hommes de son peuple égorgés à son ordre par des prêtres; vingtquatre mille massacrés une autre fois ; six cent trente mille combattants dans un désert où il n'y a jamais eu deux mille hommes; tout cela paraît assurément le comble de l'extravagance; et quelqu'un a dit que VOrlandoJurioso et Don Quichotte sont des livres de géométrie en comparaison des livres hébreux. S'il y avait seulement quelques actions honnêtes et natu-
relies dans la fable de Moïse, on pourrait croire à toute force que ce personnage a existé.
On a le front de nous dire que la fête de Pâques chez les Juifs est une preuve du passage de la mer Rouge. On remerciait le Dieu des Juifs, à cette fête, de la bonté avec laquelle il avait égorgé tous les pre«» miers nés d'Egypte; donc, dit-on, rien n'était plus vrai que cette sainte et divine boucherie.
Conçoit'On bien, dit le déclamateur et le mauvais raisonneur Abbadie, « que Moïse ait pu instituer des « mémoriaux sensibles d'un événement reconnu pour a faux par plus de six cent mille témoins ? i> Pauvre homme ! tu devais dire par plus de deux millions de témoins; car six cent trente mille combattants, fugitifs ou non, supposent assurément plus de deux millions de personnes. Tu dis donc que Moïse lut son Pentateuque à ces deux ou trois millions de Juifs ! Tu crois donc que ces deux ou trois millions d'hommes auraient écrit contre Moïse , s'ils avaient découvert quelque erreur dans son Pentateuque^ et qu'ils eussent fait insérer leurs remarques dans les journaux du pays ! Il ne te manque plus que dé dire que ces trois millions d'hommes ont signé comme témoins, et que tu as vu leur signature.
Tu crois donc que les temples et les rites institués en l'honneur de Bacchus, d'Hercule, et de Persée, prouvent évidemment que Persée, Hercule, et Bacchus, étaient fils de Jupiter, et que, chez 1^ Romains, le temple de Castor et de Pollux était uue démonstration que Castor et Pollux avaient cpmbattti pour les Romains ! C'est ainsi qu'on suppose tpujours