‹ Œuvres de Walter ScottChapitre 11 sur 31 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

Lorsqu'ils descendirent dans la plaine pour se rendre à la lice, le noble Howard tenait les rênes de soie du coursier de l'illuslre

châtelaine. Il marchait désarmé à ses côtés, et ils s'entretinrent longuement et avec courtoisie des faits d'armes des anciens temps. Son costume était riche etsplendide : une fraise de Flandre tombait sur son pourpoint de buffle, dont les garnitures et la doublure étaient de satin ; ses bottes jaunes étaient armées d'éperons d'or ; son manteau était tout entier de fourrures de Pologne ; son haut-de-chausse était broché d'or 5 son épée de Bilboa, dont les guerriers de la frontière avaient senti plus d'une fois le poids," pendait à un large ceinturon orné de bossettes de métal ; de là, dans leur langage grossier, les habitants de la frontière appelaient Howard Guillaume -au-ceinturon .

Derrière lord Howard et la noble dame venait la belle Marguerite montée sur son palefroi , dont le caparaçon balayait la terre. Sa guimpe et son voile étaient blancs, et les boucles tombantes de ses cheveux étaient ceintes d'une guirlande de roses blanches. Le fier Angus , se tenant à ses côtés, cherchait par courtoisie à l'égayer : en vain elle eût essayé , sans son assistance , de diriger les rênes brodées de son coursier. Il crut qu'elle frissonnait à la vue de guerriers réunis pour un combat à mort ; mais une cause de terreur dont on ne se doutait nullement agitait son cœur, lorsque la noble dame et elle, assises sur leurs sièges de velours cramoisi , eurent embelli la lice de leur présence.

XYIII.

Un chevalier anglais conduisait et offrit aux regards le jeune Buccleuch, prix du combat ; l'enfant sentait à peine la tristesse de sa situation présente , tant il lui tardait de voir le combat. Le fier Home et l'orgueilleux Dacre , dans toute la splendeur de la chevalerie , parcourent à cheval la carrière, tenant en main leur bâton de commandant d'acier , comme maréchaux de la lice , et

assignent avec soin à chaque chevalier un partage égal dans l'avantage du soleil et du vent. Alors des hérauts à la voix de Stentor proclamèrent hautement , au nom du roi , de la reine et des gouverneurs, la défense à chacun d'oser, sous peine de mort, tant que le combat durerait , assister l'un des deux champions par regards, signes ou paroles; et pas un souffle ne vint rompre le silence jusqu'à l'instant où les deux hérauts prirent ainsi alternativement la parole :

Page 1