‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 21 sur 47 · I.IVaB SECOND · texte numérisé non relu

I.IVaB SECOND

et ta cabane et tes arbres i j'habite maintenant ce côteaa ; sois mon Toisin et mon ami. Je crus entendre la voix d'un dieu ; je crus que c'étoit un songe ; je ne poutois pas le remercier , je ne pouvois que pleurer. A ces mots ) Philétas se tut , et leva les yeux au ciel. Pendant qu'ils parloient ainsi , l'enfant ingénu avoit passé ses petits bras autour des genoux de Daphnis, et d'un air riant y il levoit ses regards sur lui y comme s'il vouloit le remercier. Vis heureux , Philétas , yis heureux dans ta cabane ; que tes arbres soient bénis ! dit Daphnis ; et en disant cela , il prit l'enfant dans ses bras , et le baisa , tandis que l'en&nty.avec ses petites mains , sejouoit en souriant dans les boucles de ses che- Teuz y et qu'il les portoit sur son menton uni.

Daphnis aussi-tôt retourna sur son cô" teau : là y il raconta aux vieillards sa joie imprévue } et si -tôt qu'il lui fut possible, il se, hâta de passer Je fleuve ; mais Philis A^étoit pas ^encore auprès de la fontaine.

9^ . DAPHKIS.

IL alla se reposer à Pombre d*im saule , o^ la chaleur du midi et le murmure du ruisseau ^assoupirent. Tout-à-coup il fut réveillé par une poignée de fleurs qui volèrent sur son visage ; il ouvrit les yeux ^ et il vît près de lui Pliilis qui rioit. Il voulut se précipiter dans ses bras y mais il étoit lié; il tâcha de se dégager, il ne put en venir à bout ; et Fhilis se mit à .

rire si fort , que son bouquet lui tomba du ^ein. Méchante , lui disoit Daphnis , attends ! attends que je sois en liberté y \e saurai bien me venger ; et il se débattoitinutilefuent» Au; moins tu ne te vengeras pas y Daphnis , disoit la bergère , avant que je t'aie délié ; mais comment prétendstu te venger 1 je veux te donner tant de baisers , tant de baisers y que ton visage, deviendra rouge comme une rose ! Oh bien^ Daphnis , )e ne te délierai point y que tu ne m*aies promis de ne point m'embrasser pendant une heure entière. Philis ! . . . . . comment veux-tu que je fasse cette* 'proi-^ messe % Philis s'obstina : Hé hitu\ je ne>^

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tVmbrasserai pas, 8*écria-c-il enfin ; et alors la bergère le délia. Il ne pourra tenir sa promesse , se disoit Pliilis ; mais il se con* traignit malicieusement , pour se venger , et resta assis à o6té d'elle ^ sans Pembrasser. A quelques momens de là , elle lui jeta des regards passionnés ; il n'en tint compte. Daphnis, lui dit-elle enfin d'un ton naïf, et comme un peii fiàchée, |e crois que l'heure est passée. Oh non !

dit-il , il n'y a pas encore un quart d'heure d'écoulé. Philis parut sourire d'un air con* f as , et attendit encore. Ah ! certainement l'heure eàt passée à présent, dit-elle un instant après. Oh! cela ne se peut, dit le berger. £h bien donc , c'est assez te ▼enger , reprit vivement Philis. Comment peipc^tu faire pour ne pas m'embrasser I A ces mots , elle se penche dans ses bras f et elle, applique ses )oues sur ses lèvres,.

en le regardant avec un sourire pleis de ku^ueur. Daphms sourit , la puesae contre sa poitrine, et fait à l'itistant pleuvoir; mï déloge dtt" baisers sur ses joues.

lOO DAPHNI8.

Ah! qne tu m'as fait de plaisir, dit DaphniSy interrompu par mille baisers; car il m'en a bien coûté pour me yenger.

Et quand j'aurois risqué de perdre tout mon troupeau , je n'aurois pas pu souffrir plus long-temps. Mais écoute , dit-il y en prenant un air plus sérieux y j'ai mille choses à te dire. Imagine ma joie ! Aujourd'hui mon père a secouru un infortuné; aujourd'hui , jour heureux ! j'ai versé et j'ai TU yerser des larmes de vertu et de re* connoissance. Oh qu'elles sont délicieuses y les larmes que la bonté et la reconnoiso sance sincère font couler sur les joues ^ plus délicieuses que la rosée qui y au printemps, s'arrête et s'écoule sur les fleurs!

Mais écoute , ma Philis , car il faut que je te conte tout. Le vieillard Àristus m'a acheté un grand coteau couvert d'herbe qui me vient jusqu'à la ceinture y et rev>étu d'une forêt d'arbres chargés de fruits ; son sommet est décoré d'une grande ca^ bane>y auprès r de laquelle i jaillit une fontaine. Ah Philis ! taadia que nos cçeurft

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ëtoîent pénétrés de recoimoissance , ArÎ8« tus pleuroit aussi. . . . Qu'elles sont déli* cieuses les larmes de celui qui pleure , parce qu'il a fait du bien ! Il est renu un infortuné à qui un torrent avoit emporté sa cabane et ses arbres ; et mon père lui a donné notre cabane et nos arbres. C'est l'homme le plus droit y le plus digne que mon père. ... A ces mots y X>aphnis pleura , Philis' sanglotoit à ce récit , et Daphnis , par ses baisers , essuya promptement toiiteè les larmes qui couloient de ses joues y de sorte quUl n'en tomba pas une dans son sein. QuUl fera beau voir , continua-t-il , nos moutons bondir autour du c6teaUy et te perdre dans l'herbe épaisse y pendant que je soignerai les arbres y et toi le jar* din y ou tandis que nous reposerons à l'ombre y en nous embrassant et en rendant grâces aux dieux. Daphnis ! Daphnis ! répartit Philis , pénétrée de la joie la plus tiye y et en le pressant contre son sein d^albàtre , vois donc combien nous sommes heureux !. Il est -vrai que y dans l'indigence

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même , fanrois été heureux avec toi. Daas une humble chaumière ^ dans une forêt golitaire f les fleurs du gazon auroient été pour. moi des roses : les fruits des arbustes sauvages y et les racines des plantes ^ m'au* roient semblé des mets délideuj: ; mais les dieux nous donnent ebcore les commov dites et Pabondance. Que ce bonheur m'en* chanté y parce que c'est le tie^l

Allons y ma chère PhUis, viens, lui dit le berger en la relevant, et l'embras^ sant ; viens , montons sur cette colline où tu vois ces courges plantées :; peat-4tr/Q yerrons-nous de là notre cabane ; et ils montèrent sur la colline. Daphnis , à l'on^bre des larges feuilles de courge , }etan!^ la vue à Pentour , se mit tout -à -coup k sauter : Philis! s'écriait -il, vois- tu là-baf notre coteau , celui qui est vis-à-vis de mon doigt, qui paroît couvert de tant de beaux firbres ^ Oui , Daphnis , s'écria PhiUs, oui, je le vois , et la fontaine aussi. Comme eU^ fuit entre l'herbe et les arbrisseaux] J0 vois aussi la cabane : Daphnia , elle eut

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