‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 20 sur 47 · I.IVR1S SEC027D · texte numérisé non relu

I.IVR1S SEC027D

croyions inédelesyiioiis étions maliieurenx : que nons avons lété iiearenx , au momenc que nous a^ons découyert Piinposture !

£n s'.entretenant ainsi ^ ils se tronrerent nu bond du fleuve ; ils s'embrassèrent en- •core une fois; et Daphnis .étant monté dans le bftteau 9 Philis , toute tremblante , lui cria de bien prendre garde que le fleuve ne l*entrainât encore. Elle le suivit des yeuai; , jusqu'à ce qu'il fût arjivé à l'autre rive : «lors lelle ;fit un cri de joie ^ et il lui lépondit du rivage. .

Daphnis , ayant abordé y vit un homme durrété déviant une cabane voisine | et cet •honrane pleuroit devant celui à qui appaitenoit la cabane. Hélas ! diaoit41 ^ que je •sois malEbéuretix ! je ne le aerois pas sans cet en&nt qui joue là sur le gazon. Ab!

«cher et maUieurenx enfant \ mais non y tu n'es pas malheureux ; tu ris d'un air satisfait , en jouant sur le gazon , et tu ne ■jtleui^s que quand tn me vois pleurer.

Hélas ! je demeurois là -bas sur le pen- <Aiaait de cet!^ montagne : ce printemps y

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mes arbres ëtoient courerts de fietirâ^ et les productions de mon jardin renoient à souhait, lorsqu'il survint tout -à -coup un orage ; un torrent formé par l'amas des eauk y emporta ma cabane , mes arbres , mon jardin , et roula du limon et des ro^ chers dans l'endroit où fleurissoit l'espoir de ma subsistance.

Daphnis gémit en passant : Béni soit l'homme , dit-il , qui assiste les infortunés ! Les dieux le voient , et ils le bénissent.

Mais , ô dieux î pourquoi suis-je pauvre ?

J'ai vu y hélas ! j'ai vu l'infortuné ! Mon cœur a été ému de pitié et de douleur de ne pouvoir pas le secourir! Ah ! spouriquoi suis-je pauvre % ô dieux ! >

Daphnis arriva tout triste dans sa csbbane ; à peine peut -il rskron^er; aux vieillards qu'il a voit été dans^ellede-PhiliS), et que dans trois jours l'hymen devoitt les unir. j , ; !

Aux premiers rayons du soleil , Arislv^s sortit , et s'avança suK.le. ga^on humide dje rosée y où Daphnis et s^n père Tj^UerÇAt

LIVUE SBCONO. 9I

trouver. Le yieillard les pria de traverser la prairie avec lai : ils le suivirent , et il les conduisit sur un coteau voisin y que des arbres fruitiers omoient tout à Pentour de leur ombrage verdoyant. De la âme de ce coteau , on pouvoit parcourir des yeux toute la contrée. Une herbe grasse et haute couvroit les petits sillons dans lesquels oit introduisoit , à travers la prairie f" l'onde bienfaisante d'un ruisseau rapide y qui descendoit /en murmurant, entre les ronces et les vignes sauvages. De l'autre côté du coteau , une campagne cultivée s'étendoit au loin dans la plaine ; et au milieu y ëtoit construite une cabane et un pressoir , et sur le devant une fouillée de sureaux ombrageoit les bancs de gazon qu'on avoit formés.

Aristus embrassa Amyntas et son fils. O toi y mon ami ! et toi y le fils de mon ami , dit-il ; cette cabane y ces arbres y ce cô« teau y tout cela est à vous , je vous les donne. J'ai acheté hier ce terreiii , et je veux dem««rer avec véas ; les jours de ma

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vieillesse 8*écouleront dans cette cabane ^ sous ces arbres y au bord de ces ruisseaux; jet si je meurs , si fezpire dans tes bras , cber Amyntas , alors , mes cbers amis , ctlseyeliss^z-inoi Jà-bas entre ces deux arbres touffus y oÎL fleiirissent des lys bleuàûrea. Amyntas plein de surprise et de ravisseiment f fut longTtemps sans pouvoir parler^ AJb ! dit-il enfin » en embrassant son ami , £her Ari^tus y que tu es généreux ! Que ma vieillesse va s'écouler agréablement dans tes bras l.napbnis^ quand nous mour«> rons , enterre-nous à côté l'un de Pautr* fiu milieu des lys ; et que ces arbres soient pommés par toi et par tes enfans | Aristus et Amyntas.

Le fils attendri , écouta cet ordre dans un triste silence ; ensuite ils se rendirent tous sur le sommet du coteau , et ils entrèrent dans le berceau. Dap^nîs > Je* tant les yeux à ^'entour , découvrit , nu**^ delà du fleuve , la ^bane de sa PbUis i il sauta de joie dans d'endroit mtil.éloi&i il appella les vieillards,;, lOt pleHi.de icans^

LITRE SECOND. çS

ports y il leur motHra. la^ demeure de sa Iwrgéré. Il fut lon^emps kr regarder atténtiTemeAt s'il ne la yerroit pas sons le t<Ht àe feuillage ^ ou bien à travers les pampres verts f à la fenêtre de sia -cabane ^ mais il né put pas Papperceve^r. Dans les transports dé sa îoâe' ^ il se mit à chanter d'une Voix si haute , «{u'ellfe aareit pu aisé^ nient l'entendre de son habitation. Il alla visiter la cabane, qui* y sans être bmée , étoit . propre , ■ s^Mutieuse et commode ; le soleil du Atotin iraçoit sur les mui^s blancs , les èo^res. mauvantés des arbustes et des ro6tel'S> qaî sebalatiçoient devaiit les tt^ Hêtres. O Aristus! 8*éeria-t-<il avèé ràvisse^ ment y «st courant à luïf , il' lui baisà la ikiaîn* Il fit eMuite lé tour de 'fôute Pkabitàtion , et il la trouva entourée d'une fbtét dé beaux arbres , dont les branchés /soutenues par des perches, piloiénff son» le poids des fruits jtts<|ues dans Phéifbe ; il y vit aussi des cintrés formés par la tfgne qui s*étendoir d*uii arbre à Tautre; Ah Fhilîs I que d« choses a^éables j'ai à t'ap^

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prendre! s'écria -il. G*e8t ici que sera le lieu de notre demeure. BienfiEiisant Aristus! et il GOnrnt. encore une fois lui baiser la main» Aristus , témoin de la joie d'Amyntas et de Da^^linis , éprouva le ravissemeiit divin qui nVst senti que de PiéU et de rhomme généreux. Quelle félicité céleste de voir les transports dé reconnoîssance de ceux à qui nous avons fait du bien !

Daphnis descendit gaiement -pour conduire «on petit troupeau dans les chantps :

Aristus- et Amyntas restèrent sur le c6teau ^ s'entretenant ensemble à. la douce chaleur du soleU du matiii. Cependant Daphnis , conduisant son troupeau ^ se parloit ainsi 4 lui-méine s J^ai maintenant un coteau ^ et notre cabane devient : vacante ; ô dieux l vous ïo'à.yfiz exaucé : je puis désomair sec^rir l*inA)rtuilé que, je vis hier ; je prierai- nson père ^de lui donner notre ca-« bane. Il joignit les autres bergers ; il leur raconta, d*un ain joyeux , comment le vieillard a voit acheté le c6teau pour le donner à son. père y et que le lendemain l*hymen

LITRE SECOND. çS

devoit i'anir avec Philis. U les pria tous de parokre à cette fête. Nous t*en félicî* tons , Daphnis , lui direat les bergers \ ti| es digne de ton bonheur. Nous paroi trons à la fête y couronnés de fleurs , nos flûtes bien accordées y et conduisant nos berge»

ves. Alors ils se mirent à conter comment ils vOuloient se réjouir : ils essayèrent leurs fiùlès y et chacun se ohoisissoit déjà- sa bergère. Si>t6t quHl fut midi , Daphnis les quitta : les bergers lui promirent encore qu'ils ne manqueroient pas de . se rendre sur son coteau, dès le lerer de

l^anrore. '

: Cependant Qaplmis Toùlut s'en retour-* lier à 'son ancienne cabane; mais déjà. il n^y troura plus Aristus y ni son père. Quelle fut sa surprise , lorsque l'infortuné qu'il avoit 'm la veille y vint au-devant de lui!

Ah ! Daphnis > Daphnis ! dit cet homme y pendant qu'un torrent de larmes couloit de ses iyeux y comment reconnoltre un si grand bienfait 1 comment exprimer mon tavissement , ma reconnoissance % Les ter-

mefli me xBaiic|iaeBt , mes larme» àe pre b« peuvent sulfire. Ab , dieux ! que l^komme p«c qui yeiut'fkîtes du bien est benreux l Oui y Daphaîs ^ ton père m'a d^in^ cetca cabaiie et ce» arbre». Dapbnî» , transporté de joie , enfbrassa cet bomme : Fais-moi p disoh^I, fais-moi le récit de cette agréable arenture. Gomment mon père t'a-tril trou* Té 1 Ce matin , continua Pbonsme., |ao« fils cneilloit des pomines sur ton coteau* Ton père , étant survenu , prit l*enfant sut ses genoux , et lui demanda qui étoit son pare. Pbiléias , dit Penfant ea balbutiant % et où est votre cabane ? . . . • A cette de* mande l'enfant répondît en pleurant : Nous n^avons plus de cabane , nous n'avons, plus de jardin ^ nous n'avons plus d'arbres. Amyn* tas lui demanda ensuite où j'étois , et il lui ordonna de m'aller chercher : l'enfant ^^ sau^ tant de dessus ses genpux ^ aceouruf pQuir me conduire à ton père \ il fallut lu» contef mon malheur : Philétas y me dit-irl ^ cette cabane , qui est là-bas au bout- de' la prairie , et les arbres qui l'ombragent ^ seront

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