‹ ŒuvresChapitre 14 sur 67 · I.E COURTISAN · texte numérisé non relu

I.E COURTISAN

Sur ce que la volonté de Poracle est enfin accomplie y sur ce que vous allez sortir de l'état uniforme et abject , auquel un destin trop rigoureux a condamné votre première jeunesse.

Je bénis les dieux de l'avoir ainsi or-

donné. Je n'oublierai jamais les jours heureux de ma jeunesse , ces agréables occupations, ces plaisirs inn'ocens.....

LE COURTISAN

Plaisirs innocens ! ha , ha , ha ^ mon prince ! tous ne connoissez pas encore le plaisir. Venez à la cour , vous l'y trouyerez. Pour moi, je ne remercierois jamais les dieux de m'avoir exilé parmi les bergers.

3BVANDRE.

Tu te croiroîs donc bien malheureux, s'il te falloit habiter en ces lieux charmans ^

LE COURTISAN

Je m'y plairois peut-être avec une société choisie.

lÈVANDRE.

Les beautés simples et. variées de la nature ne font donc sur toi aucune impression agréable.

LE COURTISAN

On n'y trouve d'agrément que lorsque l'on ne ccKtinoit rien de mieux.

38 ivAKDRE,

EYANDKE.

Quand une belle aurore se levé sur des coteaux rians , quand elle ranime les plantes et les oiseaux , ne sens-tu aucun plaisir %

LE COURTISAN

L'aurore ! Eh ! je ne l'ai jamais vue.

ivANDRE.

Aucun berger ne t'enyiera ton bonheur.

Page 1