SCENE II
ALCIMNEy CHLOi.
ALCIMNE.
JVLais y ma mère , ma couromie de fleurs va -t- elle bien^ Aussi tous ne me laissez jamais le temps d'en tresser de nouvelles , ou de Toir dans la fontaine comment elles vont. Ces messieurs diront ^ue je suis
CHLoi.
Oh ! pour le coup y je ne puis m*empécher de rire. Voilà comme sont les bergères ; il n'y a pas homme qui vive , à qui elles ne veuillent plaire.
ALCIMNE. '
Point du tout ; je ne veux plaire qu'à mon berger. Mais vous ne n^ dites pas....
CHLoé.
Oui, oui y mon enfant, elle te fait fort bien.
56 é VA M D R £ )
ALCIMKE.
Ce n'est pas là ce que je vous demande.
Dites-moi ce que nous sommes venues faire ici ; je youdrois en être déjà dehors.
CHL oé.
Ma chère enfant , tu vas apprendre des choses dont tu seras fort étonnée. Tu vas bientôt quitter ce pays et ma cabane.
AL CIMNE.
Moi ? que je vous quitte ? Cela ne sera pas. Pourquoi donc m'inquiéter de la sorte ?
* CHLOé.
Tu suivras ces messieurs à la yille, mon enfant.
ALCIMNE.
Je n'en ferai rien. J'irai plutôt me cacher dans la forêt y que d'aller avec ces 'gens-là. Ma mère , sauvez-vous avec moi avant que quelqu'un vftnne ; autrement je m'enfuis toute seule.
cHLoé, en ia retenant.
Attends donc.
ALCIMNE.
Au nom des dieux , laissez-moi aller.
CHLOi.
Ecoute ce que j'ai à te dire. Tu yas trouyer ici ton véritable père.
ALCIMNE.
Mon père !
CHLoé.
Oui , je ne suis pas ta mère y quoique je t*aime encore plus que si tu étois mon enfant.
ALCIMNE.
Il faut que vous ne m'aimiez guère , pour me dire des choses si affligeantes.
CHLO]ê.
Non, mon enfant y je ne suis point ta mère. Tu es la fille d'un grand seigneur de la -ville. Il y a seize ans que l'homme qui yient de nous conduire ici , t'a remise entre mes mains y suivant un ordre que ton père en reçut dans un songe. Il est . ici^ et il yient te retirer.