I.AMOK
Leur amour me cause des Inquiétudes , en même-temps qu*il me donne des espérances. Peut-être est-ca la volonté des dieux qu'ils s'aiment : mais.... nous ne la connoissons point. Je me flatte que les destins ne les sépareront pas : cependant ce n'est point k nous à régler leur sort y comme s'ils nous appartenoient : on nous les redemandera peut-être bientôt. Nous ne pouvons donc consentir à leur union , et il faut même nous résoudre à éloigner leurs espérances.'
CHLOé.
Rien n'est plus raisonnable y Lamon.
J'espère que nous touchons à l'instant oh ces secrets nous seront connus. Je suis naturellement impatiente : aussi je souhaite encore plus que toi que ce moment arrive.
XAMON.
Les dieux régleront tout pour le mieux. Quelle seroit ma douleur | si mes espé-
rances ëtoient trompées ! Combien ils méritent l'un et Pautre d'être heureux! Qu'il est affligeant pour moi de ne pouvoir accomplir leurs tendres désirs ! Il faudra bien avoir recours à quelque prétexte pour couvrir nos refus. J'ai toujours eu horreur du mensonge ; celui que' j'imagine est in* nocent ; le ciel nous le pardonnera. Nous leur dirons à tous les deux que dans la même nuit, nous avons eu un songe qui ne nous permet pas de les unir.
CHLOé.
Le prétexte est bien trouvé : dès que nous sommes obligés de les tromper , nous nç pouvons employer de meilleur moyen ; autrement nous ne pourrions nous défendre de leurs instances. Mais, adieu : il faut que je retourne à mon jardin. Voici ton fils qui vient; pour n'en être pas vue , je vais passer derrière cette haie.
LAMON.
Je m'en vais aussi. Je veux échapper aux prières qu'il ne manqueroit pas de me faire.
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