I.£ FII.S9 ERASTE
LE FILS, courant à son père ^ et embrassant ses genouœ.
JVLov cher père !
ÉRASTE
Mon cher enfant, d'où viens- tu 1 Tu me parois bien joyeux.
LE PILS
Je viens d'auprès de la colline : je me
PASTORALE. ç3
suis arrête quelque temps arec le petit gardeur de cheyres. Que son état me fait pitié!
iaASTE.
£t pourquoi I mon enfant?
LE FILS
Il étoit assis auprès de ses cheyres, et
il pleuroit. Il pleuroit Je n*ai pas
mangé de tout le jour , m*a - 1 - il dit , je meurs de faim. Tiensy lui ai-je dit, yoilà tout ce que j*aiy et je lui ai donné le pain de mon diner, que j'ayois heureusement conservé. A la vérité, j*avois faim aussi; mais j*étois ravi de le voir manger avec tant de joie et tant d'appétit.
iRASTE.
Le bon enfant ! Je te bénis , mon cher fiU.
LE FILS
Si le petit chevrier avoît eu quelque chose à donner, et qu'il m'eût vu pleurer de faim y il auroit fait tout comme moi.
^4 élLAST^f
E RASTE.
Tu sa vois cependant que nous n*aTio&a plus de pain chez nous.
LE FILS
Oui ; mais j'ai toujours eu beaucoup de plaisir à lui donner ce que j'en avois. D'ailleurs, tie m^vez-tous pas souvent dit que Dieu récompense HC^ux qui font du bien aux iiutres I
ikÀSTE.
Tiens,, baise -m<»i, mon cher .fils. O Dieu! Jusqu'à quand laisseras «tu dans 1^ misère une pareille innocence? Ç^Jl essui^ ses larmes. )
LE FILS
Mais vous pleurez, mon père! Oh! mon père , ne pleurez pas. '
« ;b&ast£»
Je nç pleute ]pas mon £\8, Va-r t-en maintenant -vers la colUiie , voir si t0n frère ne rer^jent pas 4eS montagnes ; tU
PAST(>IIAI.£. ^^5
prendras garde en même temps si Simon revient de la ville.
LE Fiis.
J'y vais y mon père.