‹ uvres des deux CorneilleChapitre 120 sur 433 · SCÈNE I. — LE VIEIL HORACE, HORACE · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — LE VIEIL HORACE, HORACE

LE VIEIL HORACE

Retirons nos regards de cet objet funeste,

Pour admirer ici le jugement céleste :

Quand la gloire nous enfle, il sait bien comme il fa»(

Confondre notre orgueil qui s'élève trop haut ;

Nos plaisirs les plus doux ne vont point sans tristesse;

H mêle à nos vertus des marques de Ibiblesse,

Et rarement accorde à noti-e ambition

' Corneille, dans ton ju^cincot sur llorace , t'exprime ainii : Tout t» etiu fuikuk' acte ut encore une des causes du peu de ulisfaelion que lame uttt tranflit; il rtt tout en plaidoyers, etc. Après un si ui>ble aveu, ij 09 faut parler de la pièce nue pour n-ndre hommage au génie d'un homme assi'j grand four %e c<ind:iinner lui-m*ine. Si j'ose ajouter qaelqu* chose, c'est qu'on trou- »en de bca'ii dolaili dans ces plaidoyer». (Toltaire.l

«se HORACE.

f /entier et pur honneur d'une bonne ad ion.

Je ne plains point Camille; elle ëloit criminoUe;

le me tiens plus à plaindre, et je te phiins plus qu'ell*;

Moi, d'avoir mis au jour un cœur si peu romain ;

Foi, d'avoir par sa moi l déshonoré ta main.

Je ne la trouve point injuste ni trop prompte ;

Mais tu pouvois, mon flls, t'en épargner la honte;

Son crime, quoique énorme et digne du trépas,

Éloit mieux impuni que puni par ton bras.

nORACE.

Disposez flte mon sang, tes lois vous en font maître; J'ai cru devoir le sien aux lieux qui m'ont vu naître. Si dans vos sentiments mon zèle est criminel. S'il m'en faut recevoir un reproche éternel. Si ma main en devient honteuse et profanée, Vdus pouvez d'un seul mot trancher ma destinée : V ■ enez tout ce sang de qui ma lâcheté A :.i brutalement souillé la pureté, il a main n'a pu souffrir de crime en votre race; Ne souffrez point de tache en la maison d'Horace. C'est en ces actions dont l'honneur est blessé Cju'un père tel que vous se montre intéressé : Son amour doit se taire où toute excuse est nulle; Lui-même il y prend pan lorsqu'il les dissimule ; Et de sa propre gloire il fait trop peu de cas 3uand il ne punit point ce qu'il n'approuve pat.

LE VIEIL HORACE

Il n'use pas toujours d'une rigueur extrême ;

Il épargne ses fils bien souvent pour soi-même;

Sa vieillesse sur eux aime à se soutenir,

El ne les punit point de peur de se punir.

Je te vois d'un autre œil que tu ne te regardes;

Je sais... Mais le roi vient, je vois entrer ses gardes.

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