ACTE II, SCtNE
Prenez sur mon esprit lo i^onvoir qu'ils ont eu : Se considérez point cette grandeur suprême. Odieuse au\ Homains, et posante à moi-même; fraitez-nioi comme ami, non connue souverain; Home, Auguste, Tctal, tout l'st en votri' main : Vous mettrez et ITuropi*, ot l'Asie, et l'Afrique, Sous les lois d'un monarque, ou d'une répablique; Votre avis est ma rô'^le, et par ce seul moyen Je veux être empereur, ou simple citoyen.
CITOA.
ilalgré noire surprise, et mon insuffisance,
Je vous obéirai, seigneur, sans complaisance,
Et mets bas le respect qui pourroit ni'empécher
De combattre un avis où vous seinblez pencher;
Souffroz-le d'un esprit jaloux do voli e gloire,
Que vous allez souiller d'une tache trop nuire.
Si vous ouvrez, votre àme à ces impressions
Jusques à condamner toutes vos actions.
On ne renonce point aux grandeurs légitimes;
On garde sans remords c qu'on acquiert sans crimef ;
Et plus !e bien qu'on quitte est noblo, grand, oxqui»,
Plus qui l'ose quitter le juge mal acquis.
N'imprimez pas, seigneur, cette honteuse marque
A ces rares vertus qui vous ont fait monarque;
Vous létes justement, et c'est sans attentat
Que vous avez changé la forme de l'état.
Home est dessous vos lois par le droit de la guerre,
Qui sous les lois de Rome a mis toute la terre;
Vos armes l'ont conquise, et tous les conquérants
Pour être usurpateurs ne sont pas des tyrans;
Quand ils ont sous leurs lois asservi dos provinces.
Gouvernant justement, ils s'en font justes princes:
ccaai : Dioo CaMini lc« ftit parler toas deix; mai* qu'il est faible et itcrile ea rompanlsoD de Coroeille!
DiMD Catiiut Uii aiosi parler Môconai : Coiuw/iei plutôt let bttoim de la pairu que la voix du peuplr, qui, $tmblabU aux enfinis, ijnore ce qui lui ett pro^tatU ou nuisible. La république ett comme un taitieuu battu par la ttmfile, eir. Oioipurez ces discours à ceux de Coroeille, duos Iu&t|uvls-il aiail la dini( ulle de la rime i turmonler.
CrttP Krne psI ud tniU- du droit de« gCDt. La dilTéreace que Corneille établit eulre l'uiurpation cl la tyrannie était uoi: chose toute nniivollo; i-i ;'i'ri;iii éern;iiii n'avjit i-Uilé de* idée* politique* en prote ausii fort<'iui'Dt <^|ii'- Cor» oeille le* approroodil en ver*. IVultaire.)
*M CmNA.
C'est ce que fil César; il vous laiit aujourd'hui Condatnnor sa méinoiro, ou faire eoinino lui. Si le pouvoir suprême est blàuié par Au|i[uste, César fut un lyrau, et son trépas lut juste, Et vous (levez aux dieux couipUî de lout le sang Dont vous l'avez ven;;é pour mouler à sou rang. N'eu eraiguez point, seigneur, les tristes destinées j Un plus puissant démon veille sur vos aimées* ; On a dix fois sur vous attenté sans effet, Et qui l'a voulu perdre au mémo inslant Ta fait. On entreprend assez, mais aucun n'exécute; ïl est des assassins, mais il n'est plus de Brute : Enfin, s'ilJaut attendre un semblable revers, il est beau de mourir maître de l'univers. C'est ce qu'en peu de mots j'ose dire ; et j'estinM Que ce peu que j'ai dit est l'avis de Maxime.
MAXIME
Oui, j'accorde qu'Auguste a droU de conserver L'empire où sa vertu l'a fait seule arriver, Et qu'au prix de son sang, au péril de sa tête, H a fait de l'état une juste conquête; Mais que, sans se noircir, il ne puisse quitter Le fardeau que sa main est lasse de porter, Qu'il accuse par là César de tyrannie, Qu'il approuve sa mort, c'est ce que je dénie.
Rome est à vous, seigneur, l'empire est votre bien. Chacun en liberté peut disposer du sien ; Il le peut à son choix garder, ou s'en défaire. Vous seul ne pourriez pas ce que peut le vulgaire! Et seriez devenu, pour avoir tout domté, Esclave des grandeurs où vous êtes monté! Possédez-les, seigneur, sans qu'elles vous possèdenl. Loin de vous captiver, souffrez qu'elles vous cèdent; Et faites hautement counoître enfin à tous Que tout ce qu'elles ont est au-dessous de vous. Votre Rome autrefois vous donna la naissance; Vous lui voulez donner votre toute-puissance ; Et Cinna vous impute à crime capital
Mais sa mort tous fait pear, seigneur ; les destiaew D'an coin bieu plus exact veillent lor tos aonée*.