SCENE I. — AUGUSTE. CINNA, MAXIME, troupe db
COUKTISANS.
AUGUSTE
Que chacun se retire, et qu'aucun n'entre ici. Vous, Ciiuia, demeurez, et vous, Maxime, aussi*.
(Tous »e retireut, à la réserve de Cinua et de Maxime.)
Cet empire absolu sur la teiTe et sur l'oude. Ce pouvoir souverain que j'ai sur tout le moude, Cette grandeur sans borne, et cet illustre rang Qui m'a jadis coûté tant de peine et de sang ^,
■ C'e>t-à-dire :;« mourrai après toi.
* Ni Ciuoa ni Maxiiiip n'ont dû être tels c|ue Corneille les a peint*. Le deroo de Cinna oe pouvait être d'assassiner Aug^iste pour plaire à uoe tille qui D'exj^ tait iK)iDl- Le devoir de Maiime o'ëtait pas d'être amoureux de cette même bile et de trahir a la fois Anituste, Ciuna et sa mailrette. Ce n'était pas li ce Vaxime à qui Ovide écrivait qu'il était digne de iod nom : Maxime, qui lanti mensuram nominis impies.
(Voltaire.^
' VcDulon, dios sa lettre à l'Académie sur l'éloqaeoce, dit : < Il me semble qu'on a donné snoveoi, aux Romains un discours trop fastueux ; je av trouve point d" proportiiiu ^ntre l'cinidiase avee laquelle Auguste parle dans la tragédie de Cinna et la modeste simpliLiU' avec laquelle Suétone le d<-|ieiat. > Il est vrai: Oiau m- faiil-il pas quelque cliose de plus relevé sur le theAtre que dans Suétone? Il y a un milieu a «(arder entre l'enflure et la timplicitê. Il faut «vouer qoe Corueillf a quidi|ueroi4 passé In bornes.
L'arcljt'vé<|ue de Cambrai avait d'autant plus raison de reprendre cette en- (Ijre Mcieuj.-, qu«- de scm leiiip» les comédiens chargeaient encore ce défaut par la pi;. s riilieule allecuilioii dans l'babillemeut, dans la d(-claiiiatinn it dang le» ge'yl-f. On voyait Auguste arriver avec la déiiiarcbe d'un inalaninre, cuilTe 4'uae perruque car ce qui descendait par devant jusifu'à la ce mure ; cette iief
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Enfin tout ce qu'adore on ma haute fortune D'un courtisan flatteur la présence importune, N'est que de ces beautés dont l'éclat éblouit, Et qu'on cesse d'aimer sitôt qu'on en jouit. L'ambition déplaît quand elle est assouvie, D'une contraire ardeur son ardeur est suivie; Et comme notre esprit, jusqu'au dernier soupir, Toujours vers quelque objet pousse quelque désir, II se ramène en soi, n'ayant plus où se prendre. Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre. J'ai souhaité l'empire, et j'y suis parvenu; Mais, en le souhaitant, je ne l'ai pas connu : Dans sa possession j'ai trouvé pour tous charmes D'effroyables soucis, d'éternelles alarmes, Mille ennemis secrets, la mort à tous propos, Point de plaisir sans trouble, et jamais de repos Sylla m'a précédé dans ce pouvoir suprême : Le grand César mon père en a joui de même; D'un œil si différent tous deux l'ont regardé. Que l'un s'en est démis, et l'autre l'a gardé : Mais l'un cruel, barbare, est mort aimé, tranquille, Comme un bon citoyen dans le sein de sa ville; L'autre, tout débonnaire, au milieu du sénat A vu trancher ses jours par un assassinat. Ces exemples récents suffiroient pour m'mstruire, Si par l'exemple seul on se devoit conduire : L'un m'invite à le suivre, et l'autre me fait peur; Mais l'exemple souvent n'est qu'un miroir trompeur; Et l'ordre du destin qui gène nos pensées N'est pas toujours écrit dans les choses passées : Quelquefois Tun se brise où l'autre s'est sauvé, Et par où l'uu périt un autre est conservé.
Voilà, mes chers amis, ce qui me met en peine. Vous, qui me tenez lieu d'Agrippé et de iMécène, Pour résoudre ce point avec eux débaltuj
raqae était farcie de feuilks de laurier, et surmonte'e d'un large chapeau areit ieux nngs de ptnmes rouges. Auguste, ainsi dcligurc par des bateleurs gaulo* fat un théâtre de marionnettes, était quelque chose de bien étrange; il se pla- (ijt «ur un éocrme fauteuil à deux gradins, et Maxime et Ciniia claient sur deux petits tabourets. La déclamation ampoulée répondait parfaitement à cet étalage. (Voltaire.)
' Aii;u»le eut en clTet, à ce qu'on dit, cette conversation avec Agrippa et H»