‹ uvres des deux CorneilleChapitre 181 sur 433 · PEUX · texte numérisé non relu

PEUX

*l «t le favori de rcmpcrour Ikniie

PAIMNE.

Après l'avoir s:iu>é des iniiiiis des iMinom'.â L'espoir d'un si haut ran[y lui deTcnoit permis; Le ilesliu, aux grands cœurs si souTeiil mal propice, Se résout luelquefois à leur faire justice.

FÉLIl.

Il vient i(i lui-même.

rAGLINE.

11 vient!

FÉLIX

Tu le vas voir.

PACMNE.

C'en est trop; mais comment le pouvez-vous savoir?

FÉLIX

Albin la rencontré dans la proche campague : Un gros de courtisans en loule l'accompagne, El montre assez quel est sou rang et son crédit : M;ii8, Albin, redis-lui ce que ses gens t'ont diU

ALBIN

Vous 3a^e7. quelle fut celte grande journée,

yue sa perte pour nous rendit si fortunée,

Où l'empereur captif, par sa main dégagé.

Rassura sob parti déjà découragé.

Tandis que sa vertu succomba sous le nombre;

Vous savez les honneurs qu'on fît faire à son ombre.

Après qu'entre les morts ou ne le put trouver :

Le roi de l'erse aussi l'avoit fait enlever;

Témoin di- ses hauts faits, et de son grand courage.

Ce monarque en \oulut connoître le visage;

On le mil «lans sa tente, où, tout percé de coupç

Twit mort (|u'il paroissoil, il Gl mille jaloux;

Là bientôt il montra «juelque signe de vie :

Ce prince généicux en eut Tàme ravie,

Et sa joie, en dépit di' son dernier malheur,

Du bras qui le causoil honora la valeur;

• l eu lit prendre 9 in, la cure eu fui îjccrète;

Et comme au bout d'un mois sa sauté fut parfaite,

11 oiïril dignités, alliance, trésors,

El |)uur gagner Sévère il lil cent vains efforta;

Apn's avoir comblé ses rofiis <lo lonanj^e,

Il envoie à Dccie en proposer !'échaiif;e;

El soudain l'empereur, transporté de pif<isir,

Offre an Perse son frère, et cent chefs à ciioisir.

Ainsi revint au camp le valeureux Sévère

De sa haute vertu recevoir le salaire;

i.rt faveur de Décie en fut le digne prix.

5'f- iîor.veau l'on combat, et nous sommes surprix :

Cf •;•;>; r. eu r toutefois sert à croître sa gloire;

Lui seul rétabrt l'ordre, et gagne la victoire,

Mais si beile, et <: pleine, et par tant de beaux faïk^

Qu'on nous offre tribut, et nous faisons la paix.

L'empereur, qui rni montre une amour infinie.

Après ce grand s;:m>;. Teuvoie en Arménie;

Il vient en apporler «a nouvelle eu ces lieux,

Et par un sacrifice en rendre hommage aux dieux.

FÉLIX

0 ciel! en quel état ma fortune est réduite!

ALBIN

Voilà ce que j'ai su d'un homme de sa suite, Et j'ai couru, seijjiieur, pour vous y disposer.

FÉLIX

A.b! sans doute, cm Ulle, il vient pour t'épouser; L'oidre d'un sacnfii'' est pour lui peu de chose. C'est un prétexte :u:iX dont l'amour est la cause.

PAULINE

Cela pourroit riieu être ; il m'ainioit chèrement.

FÉLIX

Que ne (<ermeltra-t-il à son ressentiment? Et jusques à quel point ne porte sa vengeance Une juste colère avec tant de puissance? Il nous perdra, ma fille.

PAULINE

Il est trop généreux.

FÉLIX

Tu veux flatter en vain un père malheureux; Il nous perdra, n»a fille. Ah ! regret qui me tue De n'avoir pas aimé la vertu toute nue! Ah, Pauline! en effet, tu m'as trop obéi; îor. courage éloit bon, ton devoir l'a trahi ; Que ca ."ebeliioa m'eût été favorable!

ACTF î, SCtxNE IV. 261

Oo'elle mVût garanti d'un état déplorable!

Si qiiHqiie i spoir ino icslo, il n'csl plus aujouid'liui

Qu'en l'absolu pouvoir (piU te donnoit sur lui ;

Slénar;c en ma faveur l'amour qui le possède,

El d'où provient mon mal fais sortir le remède.

PAULINE

.Moi! moi: que je revoie un si puissant vainqueur*, Lt m'expose à dos yeux qui me percent le cœur ! Mon père, je suis femme, et je sais ma foiblcssej Je sens déjà mon cœur qui pour lui s'iutéresse, Et p<iussera sans doute, en dépit de ma foi, Quelque soupir indigne et de vous et de moi. Je ne le verrai point.

FÉLIX

Rassure un peu ton âme.

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