‹ uvres des deux CorneilleChapitre 203 sur 433 · GARDES · texte numérisé non relu

GARDES

PACLINE.

Mais quel dessei i en ce lieu vous amène,

2«>6 POLïICUCTi:.

Si'vère? auroit-on cru qu'un cœur si générem ^*ùt venir jusqu'ici braver un inallicureux?

»'ous traitez mal, Pauline, un si rare niorite;* A ma seule prière il rond cette visite.

Je vous ai fait, soigneur, une incivilité, Que vous pardonnerez à ma captivité.

Possesseur d'un trésor dont je n'étois pas digne, Souffrez avant ma mort que je vous le résigne, I-t laisse la vertu la plus rare à nos yeux Qu'une femme jamais pût recevoir des cieux Aux mains du plus vaillant et du plus honnête homme Qu'ait adoré la terre et qu'ait vu naître Rome. Vous êtes digne d'elle, elle est digne de vous ; Ne la refusez pas de la main d'un époux : S'il vous a désunis, sa mort vous va rejoindre. Qu'un feu jadis si beau n'en devienne pas moindre; Rondez-lui votre cœur, et recevez sa foi : Vivez heureux ensemble, et mourez comme moi; C'ost le bien qu'à tous deux Polyeucte désire.

Qu'on me mène à la mort, je n'ai plus rien à dir». Allons, gardes, c'est fait.

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