‹ uvres des deux CorneilleChapitre 207 sur 433 · ACTE IV, SCENE VI. 'i'J · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VI. 'i'J

Pouvcz-vous ignorer pour colle scclc impie Qiiello esl et fut toujours la haine de Décie? C'est un crime vers lui si jjraud, si capital, yu'à Notre laveur niému il peut être fatal.

SKVKRE.

Cet avis seroit bon pour, quoique âme coumiuiie. S'il tiout entre ses mains ma vie et ma fortune, Ji> suis encor Sévère; et tout ce grand pouvoir Nf peut rien sur ma gloire, et rien sur mon devoir. Ici l'houueur m'oblige, ol j'y veux satisfaire ; 'Ju'après le sorl se montre ou propice ou contraire, Conune son naturel est toujours incunstant, Périssant glorieux, je périrai content.

If te dirai bien plus, mais avec conDdence, La sede dos Chrétiens n'est pas ce que l'on pense : On les hait; la raison, je ne la connois point; El je ne vois Décie injuste qu'en ce point. Par curiosité j'ai voulu les coanoître : On les lient pour sorciers dont l'enfer est le maitre; Et sur cette croyance on punit du trépas Des mystères secrcls que nous n'entendoos pas Mais Céros Eleusine, et la Bonne Déesse, Ont leurs secrets comme eux à Home el dans la Grèce, Encore impunément nous souffrons en tous lieux. Leur Dieu seul excepté, toute sorte do dieux : Tous les monstres d'Egypte ont leurs temples dans Rome: Kus aioux à leur gré laisoient un dieu d un homme; El, leur sang parmi nous conservant lonrs erreur». Nous remplissons le ciel do tous nos oin|ioreurs : Mais, à parler sans fard de tant d'apothoosos, L'elfet esl bien douteux de ces luétainorphoses.

Les Chrétiens n'ont qu'un Dieu, maitro absolu de tout^ De qui lo seul vouloir fait tout ce (ju'il résout : Mais, si j'oso entre nous dire ce qu'il me semble, Les u6tr<-8 bien souvent s'accordent mal ensemble; Et, me dût leur colère écraser à les yeux, Nous en avons beaucoup pour être de vrais dieux. Peu'.H'tro qu'après tout ces croyances publiques*

■ Cet quatre vert «ont rclranibr» ilaDi l'i'ditiou de 16C3, m-/r «uivaiitct. — Qu<iii)ui> ci-( vert irciprimrnt que lu (inute vag \*i \ei estravagaoret de u religion re-i<loieiit •u(>Dl^^(">

Ne «ont qu'invenlions de sages poliliquos,

Pdur contenir un peuple, ou bien pour l'émouvoir,

El dessus sa foiblesse affermir leur pouvoir.

Enfin chez les Chrétiens les mœurs sont innocente»,

Les vices détestés, les vertus florissantes • ;

Ils font des vœux pour nous qui les persécutons^;

Et, depuis tant de temps que nous les tourmentons,

Les a-ton vus mutins? les a-t-on vus rebelles?

Nos princes ont-ils eu des soldats plus fidèles?

Furieux dans la guerre, ils souffrent nos bourreau! ;

Et, lions au combat, ils meurent en agneaux.

J'ai trop de pitié d'eux pour ne les pas défendre.

Allons trouver Félix; commençons par son gendre;

El contentons ainsi, d'une seule action^

Ht PauUne, et ma gloire, et ma compassion.

Fin DU QUATRIÈME ACTE.

Page 1