‹ uvres des deux CorneilleChapitre 213 sur 433 · PAC UNE · texte numérisé non relu

PAC UNE

Ail! mon père, son crime à peine est pardonnable, ^1 ii-; s'il est insensé, vous êtes raisonnable : i. I nature est trop forte, et ses aimables traits imprimés dans le sang ne s'effacent jamais : LU père est toujours père, et sur cette assurance J'ose appuyer encore un reste Jespérance. Jetez sur votre fiîle un regard paternel : M 1 mort suivra la mort de ce cher criminel; Il les dieux trouveront sa peine illéijitime, lisqu'elle confondra l'innocence et le crime, qu'elle changera, par ce redoublement, mjuste rigueur uu juste châtiment :

- destins, par \os mains rendus inséparables, .is doivent rendre heureux ensemble, ou miséinblea; t vous seriez cruel jusques au dernier point, ^; \ous désunissiez ce que ^ous avez joint, cœur à l'autre uni jamais ne se retire; pour l'eu séparer il faut qu'on le déchire. Mais vous étcs sensible à mes justes douleurs, Et d'un œil paternel vous reK^,.j^,, ,„^g pl^^^y,.g

FtLlX.

Oui, ma fille, il est vrai qu'un père est toujours père :

Rien n'eu peut effacer le sacré caractère;

Je porte un cœur sensible, et vous lavez percé.

J- Mie joins avec vous contre cet insensé. Malheureux l'olyeucte, es-lu seul insensible?

Et veux-tu rendre seul ton crime irrémissible?

Peux-tu voir tant de pleurs d'au œil si détaché-'

I ii\-tu voir tant d'amour sans en être touché? rcconno's-lu plus ni beau-jK-re, ni femme, is amitié pour l'un, et pour l'autre saa-r llanmiei r reprendre les noms et de gendre et d'époux, ix-lu nous \oir tous deux embrasser tes genoux? POLYEicri:.

Que tout cet artifice est de mauvaise gràeel

Après avjir deux fois essuyé la menace.

Ç;!8 POLYKUCTE.

Après vTi'avoir fail voir Néarque dans la mort. Après avoir Icnlô l'amour ot son effort, Après m'avoir montré cette soif du hapfème. Four opposer à Dieu l'intérêt de Dieu même. Vous vous joignez ensemble! ah! ruses de l'enfer! Faut-il tant de fois vaincre avant de triompher! "Vos résolutions usent trop de remise; Prenez la vôtre p"fiPj puisque la mienne est prise.

Je n'adore qu'un Dieu, maître de l'univers, Sous qui tremblent le ciel, la terre et les enfers; Un Dieu qui, nous aimant d'une amour infinie, Voulut mourir pour nous avec ignominie.

Et qui, par un effort de cet excès d'amour, Veut pour nous en victime être offert chaque jour. Mais j'ai tort d'en parler i qui ne peut m'entendre Voyez l'aveugle erreur que vous osez défendre : Des crimes les plus noirs vous souillez tous vos dieu?. , Vous n'en punissez point qui n'ait son maître aux c.eo La prostitution, l'adultère, l'inceste.

Le vol, l'assassinat, et tout ce qu'on déteste, C'est l'exemple qu'à suivre offrent vos immortels. J'ai profané leur temple, et brisé leurs autels ; •î< le ferois encor, si j'avois à le faire *, Même aux yeux de Félix, même aux yeux de Sévère, Même aux yeux du sénat, aux yeux de l'empereur.

FÉLIX

Enfin ma bonté cède à ma juste fureur : Adore-les, ou meurs.

Je suis chrétien.

FÉLIX

Impie I Adore-les, te dis-je; ou renonce à la vie.

POLYErCTE.

Je suis chrétien.

FÉLIX

Tu l'es ? 0 cœur trop obstiné !

Soldats, exécutez l'ordre que j'ai donné.

I O vert est dans h Cid, et ett à sa place dans las deux piècei.

(TolUiM.)

Page 1