‹ uvres des deux CorneilleChapitre 212 sur 433 · SCÈNE 111. — PAULINE, FÉLIX, POLYEUCTE, ALBIN · texte numérisé non relu

SCÈNE 111. — PAULINE, FÉLIX, POLYEUCTE, ALBIN

PAl UNE. •

Qui de vous deux aujourd'hui m'assassine? Sonl-ce tous deux ensemble, ou chacun à sou tour?

506 rOLVEUCTK.

Ne pourrai-jo fléchir la natuic, ou ranioiir? El n'obtieii(lrai-j<> rien d'an époux ni d'un père?

Fl'xiX.

Parlez à votre époux.

POLYEICTE.

Vivez avec Sévère.

PAULINE

Tigre, assassine-moi du moins sans m'ontrager,

POLYEDCTE.

Mon amour, par pitié, cherche à vous soulager; 11 voit quelle douleur dans l'âme vous possède, Et sait qu'un autre amour en est le seul remède. Puisqu'un si grand mérite a pu vous enflammer, Sa présence toujours a droit de vous charmer ; Vous l'aimiez, il vous aime, et sa gloire augmentée..»,

PAiLINE.

Que t'ai-je fait, cruel, pour être ainsi traitée,

l^t pour me reprocher, au mépris de ma foi.

Un amour si puissant que j'ai vaincu pour toi?

Vois, pour te faire vaincre un si fort adversaire,

Out'ls efforts à moi-même il a fallu me faire;

<Jiiels combats j'ai donnés pour te donner un cœur:

Si justement acquis à son premier vainqueur;

Et si l'ingratitude en ton cœur ne domine,

Fais quelque effort sur toi pour te rendre à Pauline ;

Apprends d'elle à forcer ton propre sentiment;

Prends sa vertu pour guide en ton aveuglement;

Souffre que de toi-même elle obtienne ta vie,

Pour vivre sous tes lois à jamais asservie.

Si tu peux rejeter de si justes désirs.

Regarde au moins ses pleurs, écoute ses soupirs;

Ne désespère pas une âme qui t'adore.

POLYECCTE.

Je vous l'ai déjà dit, et vous le dis encore, Vivez avec Sévère, ou mourez avec moi *. le ne méprise point vos pleurs, ni votre foi ;

' Cette troi'!i''ntie apostropne, cet empres-ement extrême de lui donner un mari, ne paraissent pas naturels. Tout cela n'emp^'^e p:is ■^ue cette scène n« soit écoutée a -c nn grand plaisir. L'obelinalico d«> Polseucte, sa rcsignatioa, •on transport divin, p-iisent beaucoup. (Voltaire.^

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