‹ uvres des deux CorneilleChapitre 228 sur 433 · SCÈNE I — PTOLÉMÉE, PHOTIN, ACHILLAS, SEPTIMg · texte numérisé non relu

SCÈNE I — PTOLÉMÉE, PHOTIN, ACHILLAS, SEPTIMg

PTOLÉMÉE

Le destin se déclare; et nous venons d'enlendie

Ce qu'il a résolu du beau-père et du gendre.

Quand les dieux rlounes seuibloieul se partage r,

Pharsale a décidé ce qu'ils n'osoient juger.

Ses fleuves ti-nils de sang, et rendus plus rapide»

Par le dëlwnU int-nt de tant de parricides.

Cet horrible dt-bn»* d'aigles, d'armes, de chars,

Sur ci-s ctianips tinprstes conlusénient épars.

Ces montagnes de morts privés d'honneurs suprèmet,

Que la nature force à sr \cnger eui-uiénu-s,

Et doDt les troncs pourris exilaient d^-ns les vente

De quoi faire a gui-rre au reste des vivants,

Sont les litres allrt-ui duul le droit de l't pée.

Justifiant César a condamné Ponipôe*.

Ce déplorable chef du i);nti le meilleur,

Que sa fortune lasse abandonne au malheur,

Devient un grand exemple, et laisse à la mémoire

Des changements du sort une éclatante histoire.

Il fuit, lui qui, toujours triomphant et vainqueur,

Vit ses prospérités égaler son grand cœur;

11 fuit, et dans nos ports, dans nos muis, dans nos villes;

Et, contre son beau-père ayant besoin d'asiles,

Sa déroute orgueilleuse en cherche aux mêmes lieui

Où contre les Titans en trouvèrent les dieux :

II croit que ce climat, en dépit de la guerre,

Ayant sauvé le ciel, sauvera bien la terre,

Et, dans son désespoir à la fin se mêlant,

Pourra prêter l'épaule au monde chancelant*

Oui, Pompée avec lui porte le sort du monde.

Et veut que notre Egypte, en miracles féconde,

Serve à sa liberté de sépulcre ou d'appui,

Et relève sa chute, ou trébuche sous lui.

C'est de quoi, mes amis, nous avons à résoudre; Il apporte en ces lieux les palmes ou la foudre : S'il couronna le père, il hasarde le fils; Et, nous l'ayant donnée, il expose Memphis. II faut le recevoir, ou hâter son supplice. Le suivre, ou le pousser dedans le précipice. L'un me semble peu sûr, l'autre peu généreux; Et je crains d'être injuste, ou d'être malheureux. Quoi que je fasse enfin, la fortune ennemie M'offre bien des périls, ou beaucoup d'infamie : C'est à moi de choisir, c'est à vous d'aviser A quel choiK vos conseils me doivent disposer. U i'agit de Pompée, ?1 nous aurons la gloire

' Ce* ehampt empesté*, te* montagnes de mort* qui te vengent, et* déborée- Mtntf de parricides, ce* tronc* pourris, étaient notes par Boileau comme u «zemple d'enflure et de déclamation. U fallait dire simplement :

Le destin te déclare ; et le droit de l'épée, Justifiant César, a condamné Pompée.

C*i'ta:t parler en roi. Les vers ampoulés ne conviennent pas dans un ccnsti; Péuv (Voltaire.)

* V» diaat q«i prêt* Fépault, tourne oae idée trop incohérente.

(Toltaire.J

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