‹ uvres des deux CorneilleChapitre 234 sur 433 · CI.I-OPATKE · texte numérisé non relu

CI.I-OPATKE

K( vous saunv. aussi Que la seule vcrlu me fait parler ainsi, Et que, si l'iiiIcMèt m'avoit préoccupée, J'agirois pour César, et non pas pour Pompée. Appienoz un secret que je voulois cacher, lît cessez désormais do me rien reprocher.

Quand ce peuple insolent qu'enfoi'me Alexandrie Fit quitter an fou roi son trône et sa patrie, El que * jusque dans Home il alla du sénat Implorer la pitié contre un tel attentat, 11 nous mena tous deux pour toucher sou couraga. Vous assez jeune encor, moi déjà dans un âge Où ce peu de hoauté que m'ont donné les cieus D'un assez vif éclat faisoit briller mes yeux. César en fut épris, et du moins j'eus la gloire De le voir hautemenl donner lieu de le croire; Mais voyant contre lui le sénat irrité, Il fit agir Pompée et son autorité.

Ce dernier nous servit à sa seule prière. Qui de leur amitié fut la preuve dernière : Vous en savez l'oflot, et vous en jouissez. Mais pour un tel amant ce ne fut pas assez; Apios avoir pour nous employé ce grand homme Qui nous gagna soudain toutes les voix de Rome, Son amour en voulut seconder les efforts. Et, nous ouvrant son cœur, nous ouvrit ses l redora Nous eûmes de ses feux encore en leur naissance. Et les nerfs de la guerre, et ceux de la puissance; Et les mille talents qui lui sont encor dus, Remirent en nos mains tous nos états perdus. Le roi, qui s'en souvint à son heure fatale. Me laissa comme à vous la dignité royale. Et par son testament, qui doit servir de loi, Me rendit une part de ce qu'il tint de moi. C'est ainsi qu'ignorant d'où vint ce bon office,

' TiR. Et que, par ces mutins cbassé de son état, il fut JUS lues à U'.'me iniolorer le scii»;.

ACTi: 1, SCKNE IV. .>T7

Vous appf-!p7. faveur co qui n'est que justice,

tl l'osez accuser d'une aveugle ainilié,

Quand du tout qu'il me doit il me rend la moitié.

ptoli'mée.

Certes, ma soeur, le conte est fait avec adresse.

CLKOPATKE.

César viendra bientôt, et j'en ai lettre expresse; El p<Hil-ctre aujourd'hui vos yeux seront têuioins De ee qi»e votre esprit s'inia'jiue le moins. Ce n'est pas sans sujet que je parlois en reine. Je n'ai reçu de vous que mépris et que haine, Et de nia part du seeplre indij;ue ra\isseur, Vous m'a\ez plus traitée eu esclave qu'en sœur, Même, pour éviter des effels plus sinistres. Il m'a fallu llaller vos hisoleuls ministres. Dont j'ai craint justprici le fer, ou le poison : Mais Pompée ou César m'en va faire raison ; Kl, quoi que a\ec Photin Achillas en ordonne, Ou l'une ou l'autre main me rendra ma couronne. Cependant mou orgueil vous laisse à démêler Quel étoil l'inlerét qui nie faisoit parler.

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