‹ uvres des deux CorneilleChapitre 243 sur 433 · ACTE III. SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III. SCENE II

El qui sur uii seul chef lui fiiil Lion plus d'affront Que sur laut «le milliers ne fit le roi de Pout?

* Peuser-Vi)U8 que j'iguore ou que je dissimule

Que vous u'aunez pas eu pour moi plus de sn upuie, Et que, s'il m'eut >aiucu, votre esprit oomplaisant Lui faisoit de nia tête un semblable présent?

* Grâces à ma \icloire, ou me rend des hommages . Où ma fuite eût reçu toutes sortes d'outrages;

Au \ainqueur, non à moi, vous faites tout riiouuciir :

Si César eu jouit, ce n'est que par booheur.

Amitié dangereuse, et redoutable zèle.

Que règle la fortune, et qui tourne avec ellel

Mais parlez, c'est trop être interlit et confus.

ptoli'mée.

Je le suis, il est vrai, si jamais je le fus ; Et vous-même avoùrez que j'ei sujet de l'être. Etaut né souverain, je ^ois ici «ion maître : Ici, dis-je. où ma cour tremble en me regardant, Où je n'ai point encore agi qu'en commandant, Je >ois une autre cour sous une autre puissancL-, Et ne puis plus agir qu'avec obéissauce. De votre seul aspect je me suis vu surpris : Jugez si vos discours rassurent mes esprits; Juge/ par quels moyens je puis sortir d'un trouble Que forme le respect, que la crainte redouble, Et ce que vous peut dire un prince épouvanté De voir tant de colère et tau! de majesté. Dans cet étonnement dont mou âme est fiappéc De rencontrer en vous le \engeur de l'oiiipée, Il me souvient pourtant que s'il fut notre appui, Nous vous dûmes dés lors autant et plus qu'à lui : Votre faveur pour nous éclata la première; Tout ce qu'il fit après fut à votre prière : 11 émul le sénat (Mjur des rois outragés, Que sans cette prière il aiiroit négligés; Mais de ce grand sénat les saintes ordonnaDces Eussent peu fait pour nous, seigneur, sans >os (inanoefl; Par là de nos mutins le feu roi vint à bout; Et, pour en bien parler, nous vous devons le tout. Nous avons honoré votre ami, votre gendre, huqu'à ce q«'à \ous-n)éme il ait osé se prendre;

nKl LA MORT DE POMPEE.

Mais voyant son pouvoir, de vos succès jaloux, Passer en tyrannie, et s'armer contre vous...

CÉSAR

To)i( beau : que voire haine en son sang assouvi* N'aille point à sa gloire; il suffit de sa vie. N'avancez rien ici que Home ose nier; Et justifiez-vous, sans le calomnier.

PTOLÉMÉi:.

Je laisse donc aux dieux à juj^er ses pensées,

Et dirai seidiMuent qu'en vos guerres passées,

Où vous fûtes forcé par tant d'indignités,

Tous nos vœux ont été pour vos prospérités;

Que, comme il vous traitoit en mortel adversaire,

J'ai cru sa mort pour vous un malheur nécessaire;

Et que sa haine injuste, augmentant tous les jours,

Jusque dans les enfers chercheroit du secours;

Ou qu'enfin, s'il tomboit dessous votie puissance,

II nous falloit pour vous craindre votre clémence;

Et que le sentiment d'un cœur trop généreux,

Usant mal de vos droits, vous rendit malheureui.

J'ai donc considéré qu'en ce péril extrême

Nous vous devions, seigneur, servir malgré vous-même j

Et, sans attendre d'ordre en cette occasion,

Mon zèle ardent l'a prise à ma confusion.

Vous m'en désavouez, vous l'imputez à crime;

Mais pour servir César rien n'est illégitime.

J'en ai souillé mes mains pour vous en préserver :

Vous pouvez en jouir, et le désapprouver ;

Et j'ai plus fait pour vous, plus l'action est noire.

Puisque c'est d'autant plus vous immoler ma gloire^

Et que ce sacrifice, offert par mou devoir,

Vous assure la vôtre avec votre pouvoir.

CÉSAK.

Vous cherchez, Ptolémée, avecque trop de ruses € mauvaises couleurs et de froides excuses. otre zèle étoit faux, si seul il redoutoit e que le monde entier à pleins vœux souhaitoit; t s'il vous a donné ces craintes trop subtiles, Qui m'ôtent tout le fruit de nos guerres civiles, Où 1 honneur seul m'engage, et q>ie pour termiuer Je ne veux que celui de vaincre et pardonner,

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