‹ uvres des deux CorneilleChapitre 25 sur 433 · SCÈNE VIll. — D. DIÈGUE. D. RODRIGUE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIll. — D. DIÈGUE. D. RODRIGUE

n. niKGiJE.

Rodripiie, as-tu du cœur?

D. RODKIGtE.

Tout autre (jue mou père L'éprouverait sur l'heure.

D. DIÈGDE.

A{;iéable colère!

Digne resscufiment à ma doiilour bien dou»! Je recoiuiois mon sang à ce noble courioux ; Ua jeunisse revit en celte ardeur si promple. Vieus, mou ûls, viens, mou sang, viens réparer ma honte; Vteus lue veuger.

D. UODRI60E.

De quoi ?

D. UIÈGUE.

D'un affront si cruel, Qu'à l'honneur de tous deux il porte un coup mortel^ D'un soufllot. L'insolent en eût perdu la vie; Mais mou âge a tron)pé ma généreuse euvie; Et ce fer que mon bras ne peut pins souleuir, Je le remets au tien pour venger et punir. Va contre un arrogant éprouver ton conrage : Ce n'est que dans le sang qu'on lave un tel outrage, Meurs, ou tue'. Au surplus, pour ne le point Ilalter,

' M. SaiDtHarc Girardin dit, en ciuot cet héaisticbe > c L'boDoeur daat Jno l)ié>;ue, comme Tainoar de la patrie dam le vieil Horace, fait taire l'amour pateruel uni IViouffer. Dod Di«fue, il e»t vrai, o'a pas le t'iiips il'<-[iroii>er les abruiei qui iroubleal le cwur du vieil Horace et qui trabiueut inal^rt- lui sa k'uJresse palcrnelle ; car, dans ti Cid, la vengeance luit de presTuulraye : don Die^ue ne peut pat rester dé»honuré, mènio pemlaiil une heure ; l'or^ui'il uspagiiol ne supporterait pas cette attente, et Corneille se re|irucherail >lo laisser reparaître les cbcveux blanc» de ce vieillard avant qu'ils soient vengés. Quand don Dietjue a remis ta cause aux mains de son bis,

Accablé [dit-il] des mallieurs oa W destin me range.

Je vais le* déplorer. Va, cours, vole cl nous vent;e! » Cache tant que dure l'affront, il ne réparait que lorsqu'il est vi'D|;c. Nom •• voyons donc point ses alarmo («niiant le cmnlial, nous ne voyons point la tatt»- i'hlre l'bouneur cl la U-ndressc |>aterueile. Ce n'est ^>, en ellel, dans celte lutu- que Corneille a mi» riutérèt do sa pièce, li ; u un autre amour plus |:as- •ioiMii , plus vif que l'amour paternel, qui doit souteuir la lutte contre l'bou- •eur. Lit pleurs que la tendresse |>aii-rnelle eût arracbes à don Uir{{ue, eussent •ettl-èlre affaibli a no* jeux l'inOexibilile de U loi de rboQueur; et CoiueilU

Je te donne à comballre un homme à redouter; Je l'ai vu tout sanglant, au milieu dos balaillos». Se l'aire un beau irinpail de mille funérailles; J'ai vu, par sa valeur, cent escadrons rompus; Et, pour t'en dire encor quelque chose de plus, Plus que brave soldat, plus que grand capitaiae. C'est...

D. RODRIGUE

De grâce, achevez. ,

D. DIÈGCE-

Le père de Cbimèn*.

D. RODRIGUE

Le...?

D. DIÈGUE

Ne réplique point, je connois ton amour : Mais qui peut vivre infâme est indigne du jour; Plus l'offenseur est cher, et plus grande est l'offens*. Enfin tu sais l'affront, et tu tiens la vengeance. Je ne te dis plus rien. Venge-moi, venge-toi. Montre-toi digne f 's d'un père tel que moi. Accablé des malhedrs où le destin me range, Je vais les déplorer. Va, cours, vole, et nous veng».

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