SCÈNE I. — CORNÉLIE, tenant «ne peUte orne ra u ma», PHILIPPE
CORNÉLIE
M>^s yeux, puis-jé vous croire, et n'est-ce point un songe
i}n'i sur mes tristes vœux a formé ce mensonge*?
'Je i-evois-je, Philippe, et cet époux si cher
A-t-il reçu de toi les honneurs du bûcher?
C(Ue urne que je tiens contient-elle sa cendre?
0 vou», à ma douleur objet terrible et tendre *,
ÉltToel entretien de haine et de pitié,
Kt'stes du grand Pompée, écoutez sa moitié.
N'attendez point de moi de regrets, ni de larmes;
Du grand cœur à ses maux applique d'autres charmes.
Les foibles déplaisirs s'amusent à parler,
Et quiconque se plaint cherche à se consoler.
Moi, je jure des dieux la puissance suprême,
El, pour dire encor plus, je jure par vous-même;
Car vous pouvez bien plus sur ce cœur affligé
Que le respect des dieux qui Tout mal protégé :
Je jure donc par vous, ô pitoyable reste,
Ma divinité seule après ce coup funeste.
Par vous, qui seul ici pouvez me soulager,
De n'éteindre jamais l'ardeur de le venger.
Ptolémée à César, par un lâche artifice,
Rome, de ton Pompée a fait un sacrifice;
Et je n'entrerai point dans tes murs désolés
Que le prêtre et le dieu ne lui soient immolés.
Faites-m'en souvenir, et soutenez ma haine,
0 cendres! mon espoir aussi-bien que ma peine;
' (I est triite, dans notre poésie, que tonge faste loujours attendre la rime it wmu'inge. Un mémorise formé »nr des Tœux n'est pas intelligible.
(Voltaire.) Garnier, dn temps de Henri lil, fit paraître Cornélie tenant en main l'arof le Pompée. Elle disait *
0 douce et chère cendre 1 ô cendre déplorable 1 Qu'ivecqme toui ne euii-je ! 6 femme misérable I
(Voltaire.)
ACTi: V, SCKNE I. S78
Ef, pour m'aidor iin jour à perdre son vainqueur, Vorseï dans tous les cdnirs ce que ressent mon cour. Toi qui l'as lionoré sur cetle iiifàtne rive D'une fla:nnie pieuse autant comme cliétive, Dis-moi, quel bon démon a mis on ton pouvoir De rendre à ce héros ce funçbrc devoir?