EXAMEN DE POMPEE
A bien considérer cette pièce, je ne crois pas qu'il y en aft »ur le Ihéàtri- où l'histoire soit plus conservée et plus falsifiée tout ensemble. Elle est si connue, que 'y n'ai osé en ch;tn§^r le^ e\éacments; mais il s'y en trouvera peu qui soient arrivés comme je les fais arriver. Je n'y ai ajouté que ce qui regarde Cornélie, qui semble s'y oflTnr d'elle-même, puisque, dans la vé rite historique, elle étoit dans le même vaisseau que son man lorsqu'il aborda eu Kjjypte, qu'elle le \it descendre dans la barque, où il fut assassiné à ses yeux par Septime, et qu'elle fut poursuivie sur mer par les ordres de Ptolémée. C'est ce qui m'a dorme occasion de feindre qu'on l'alteignil, et qu'elle lut ramenée devant César, bien que l'histoire n'eu pane point. La diversité des lieux où les choses se sont passées, et la longueur du temps qu'elles ont consumé dans la vérité historique, m'ont réduit à cette falsification pour les ramener dans l'imité de jour et de lieu. Pompée fut massacré devant les murs de Pélusium, qu'on appelle aujourd'hui Damiette ; et César prit terre à Alexan drie. Je n'ai nommé ni l'une ni l'autre ville, de peur que le nom de l'une n'arrêtât l'imagination de l'auditeur, et ne lui fil remarquer malgré lui la fausseté de ce qui s'est passé ailleurs. Le lieu particulier est, comme dans Polyeucle, un grand vestibule commun à tous les appartements du palais royal ; et cette unité n'a rien que de vraisemblable, pourvu qu'on se détache de la vérité historique. Le premier, le troisième et le quatrième acte y ont leur justesse manifeste; il y peut avoir quelque difficulté pour le second et le cinquième, dont Cléopâtre ouvre l'un, et Cornélie l'aun;. Elle? sembleroient toutes deux avoir plus de raison de parler dans leur appartement; mais l'impatience dt> la curiosité féminine les en peut faire sortir; l'une, pour appiendre plus tùt les nouvelles de la mort de Pompée, ou par Achoréc, qu'elle a envoyé en être témoin, ou par le premier qui entrera dan.s ce vestibule; et l'autre, pour en savoir du combat de César et de» Romains contre Ptolémée et les Égyptiens, pour empêcher que ce héros n'en aille donner à Cléopalre avant qu'à elle, et pour obtenir de lui d'autant plus tôt la permission de partir : eu quoi on p' ut remarquer que, comme elle sait qu'il est amoureux de cette reine, et qu'elle peut douter qu'au ntour de son combat, les trouvant ensemble, il ne lui fasse le premier compliment, le
5 •■ ■ usLTver In dignité romaine lui fait prendre
1 , et obliger par là César à lui répondre
a>uiii 411 II piii>;L Mire rico à l'autre.