‹ uvres des deux CorneilleChapitre 265 sur 433 · EXAMEN DL POMPEE · texte numérisé non relu

EXAMEN DL POMPEE

Pour le temps, il m'a fallu réduire en soulèvement tuinnltuaire tuie guerre qui i»^ pu ilurer guère moins d'un an, puisque Phitarqtie rapporte qu'incontinent après que César fut parU d'Alexandrie, Cléopàtre accoucha de Césarion. Qiiaml Pompé« «e présenta pour entrer en Egypte, cette prijicessc et le roi son frère avoient chacun leur armée prête à en venir aux maina l'une contre l'autre, et n'avoient garde ainsi de loger dans le même palais. César, dans ses Commentaires, ne parle point de ses amours avec lîlle, ni que la tête de Pompée lui fut présentée quand il arriva; c'est Plutarque et Lucain qui nous apprennent l'un et l'autre : mais ils ne lui l'ont présenter cette tête que par un des ministres du roi, nommé Théodote, et non pas par le ro! même, comme je l'ai fait.

II y a quelque chose d'extraordinaire dans le titre de ce poëme, qui porte le nom d'un héros qui n'y parle point; mais il ne laisse pas d'en être, en quelque sorte, le principal acteur, puisque sa mort est la cause unique de tout ce qui s'y passe. J'ai justifié ailleurs l'unité d'action qui s'y rencontre , par celle raison que les événements y ont une telle dépendance l'un de l'autre, que la tragédie n'auroit pas été complète, si je ne l'eusse poussée jusqu'au terme où je la fais finir. C'est à ce dessein que, dès le premier acte, je fais conuoître la venue de César, à qui la cour d'Egypte immole Pompée pour gagner les bonnea grâces du victorieux; et ainsi il m'a fallu nécessairement faire voir quelle réception il feroit à leur lâche et cruelle politique. J'ai avancé l'âge de Plolémée, afin qu'il piil agir, et que, por. tant le titre de roi, il tâchât d'en soutenir le caractère. Bien que les historiens et le poète Lucain l'appellent communément rex puer, le roi enfant, il ne l'étoit pas à tel point qu'il ne fiit en état d'épouser sa sœur Cléopàtre, comme l'avoit ordonné sou père. Hirlius dit qu'il étoit fuer jam, adultà œtate ; et Lucain appelle Cléopàtre incestueuse dans ce vers qu'il adresse à ce roi par apostrophe :

IncesUe iceptns cessure sorons ;

soit qu'elle eût déjà contracté ce mariage incestueux, soitàcau^ qu'après la guerre d'Alexandrie et la mort de Ptolémée, César la fit épouser à son jeune frère, qu'il rétablit dans le trône ; d'où l'on peut tirer une conséquence infaillible, que si le plus jeune des deux frères étoit en âge de se marier quand César partit d'Egypte, l'aîné en étoit capable quand il y arriva, puisqu'il n'y tarda pas plus d'un an.

Le caractère de Cléopàtre garde nne ressemblance ennoblie paf ce qu'on y peut imaginer de plus illustre. Je ne la fais amou reuse que par ambition, et en sorte qu'elle semble n'avoir point i'amour qu'en tant qu'il peut servir à sa grandeur. Quoique la

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