‹ uvres des deux CorneilleChapitre 269 sur 433 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Bien que cette comédie -■t celle nni lu suif soioiU toutes deux de l'invention de Lope de Veg-a ', je ne vous les donne point dans le même ordre que je vous ai doniié le Cid et Vomfée,. dont en l'un vous avez vu les vers (•spa^^iclî, et en l'autre les latins, que j'ai traduits ou imilc» de tjti.llem de Ca'^tro cl de Lucain Ce n'est pas que je n'aie ici emprunté beaucoup de choses de cet admirable original; mais connue j'ai entièrement dépaysé les sujets pour les habiller à la frnnçoise, vous trouveriez si peu de rapport entre l'Espagnol et le François, qu'au lieu de satisfaction vous n'en recevriez que de l'importunité.

Par exemple, tout ce que je fais conter à notre Menteur des guerres d'Allemagne, où il s^ vante d'avoir été, l'Espagnol le lui fait dire du Pérou et des Indes, dont il fait le nouveau revenu; et ainsi de la plupart des autres incidents, qui, bien qu'ils soient imités de l'original, n'ont presque point de ressemblance avec lui pour les pensées, ni pour les termes qui les expriment. Je me contenterai donc de vous avouer que les sujets sont entièrement de lui, comme vous "les trouverez dans la vingt et deuxième partie de ses comédies. Pour le reste, j'en ai pris tout ce qui s'est pu accommoder à notre usage; et s'il m'est permis de dire mon sentiment touchant une chose où j'ai si peu de part, je vous avouerai en même temps que l'invention de celle-ci me charme tellement, que je ne trouve rien à mon gré qui lui soit comparable à ce genre, ni parmi les anciens, ni parmi les modernes. Elle est toute spirituelle depuis le commencement jusqu'à la fin, et les incidents si justes et si gracieux, qu'il faut être, à mon avis, de bien mauvaise humeur pour n'en approuver pas la conduite et n'en aimer pas la repré- •eutation.

Je me défierois peut-être de l'estime extraordinaire que j'ai pour ce poème, si je n'y étois confirmé par celle qu'en a faite un des premiers hommes de ce siècle, et qui non seulement est le protecteur des savantes muses dans la Hollande, mais fait voir encore par son propre exemple que les grâces de la poésie

' La comédie espagnole est attribuée par les uns à Lope de Vega, par d'autres a Pedro de Roxas, et par d'autres encore à don Juan d'Alarcon. Corneille dit plus loin, dans l'Examen, que ce dernier a réclame la paternité de la pièce ei- MfBole. Suivant M. Viardot] elle est positivement de Juau d'Alarcon,

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no sftnt pis incompatihles avec les plus hiuls rmplois de la politique et li's plus nolilos fonctions d'un hoinnif dotât. Je parle de Âl. di- Zu\lichcm. secrétaire des conimandeinents de mon- •cigneur le prince d'Oranjre. C'est lui que MM. Hi'insins et Ballar oni pris comme pour arbitre de leur fameuse querelle, puisqu'ils lui ont adressé l'un et l'aulre leurs docles dissertations, et qui n'a pas dédaigné de montrer au public létal qu'il fait de cette comédie par deux épiurammes, l'un françois et l'autre latin . qu'il a mis au-devan; de l'impression qu'en ont faite les Elzeviers, à Leydeu. Je vous les donne ici d'autant plus volontiers, que, n'ayant pas l'honneur d'être connu de lui, son témoignage ne peut être suspect, et qu'on n'aura pas lieu de m'accuser de beaucoup de vanité pour en avoir fait parade, puisque toute la gloire qu'il m'y donne doit être attribuée an grand Lope de Vega, que peut-être il ne connoissoit pas pour le premier auteur de cette merveille de théâtre.

IN PRiESTANTlSSIMI POET^E GALLICI

CORNELll

coMOEDiAM, quj: inscribitur mendax.

Gravi cothurno torvus, orchestra trnci Dudum crucntus, Gallis ju^tus stupor, Audivit et vatum decus Cornélius.

Laudem poétae uum niereret coniki Pari nilore et elegantiâ, fuit Qui disputaret , et ne^'arunt ioscii; Et mos gerendus in>cii8 semel fuit.

Et, ecce, gessit, meutiendi gratià Facelii.sque, quas Tercntius, pater Amœaitatum, quas Minauder, quas merua Nectar deuruui Piuutus et mortaliuin.

Si sxculo reddantur, agnoscant suas.

Et quaï negare no[i graventur non suaa Taudem poêta Mt : fraude, fuco Tabula,

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