ACTE I, SCENK II
DORAKTEa lui donnant In main.
Ce malheur ino leml un lavorabl ■ ol'ûce Puisqu'il me doniio lieu do ce |)t'iil .-eivicc; El c\ïi p ur tnoi, uiadaino, un bonlii^ur souverain, }a>^ Celle occasion de vocis duniier la main.
CLARICE
L'occasion ici forl peu vous favorise,
El ce foible bonheur ne vaut pas qu'on lo prise.
DORANTE
Il enivrai, je le dois loiil entier au liasard ;
M'a soin> ni \08d(3-irs n'y [trennenl poinl de pari;
Et sa douci'ur mJ'lé ■ avec celle amerlum'
Ne me rend pas le son plus doux que liecoulnme.
Puisque enfin ce bonheur, que j'ai si forl prisé,
A muii ptu de mérile tùl t-ié refusé.
CLARICE
^'ll a perdu silôl ce qui po ivuil vous plaire,
J' veux êlre à mon lour d'un sentiiiv nt contraire,
El croi^ qu'on penl trouver plus de fél cilé
A p<'S-é'ier un bi"n >a(is l'avoir mérité.
J'e>liiiie plus un don qu'une reconnoirsance :
Qui nous donne fait plus que qui nouà récnmpense;
El le plus gran 1 bonh'ur au mérite rendu *
Se fait que nous payer de ce qui nons est dû.
La faveur qu'on mérite est toujours achetée;
L'heur en croU d'au anl plus, moins elle est méritée;
El le bi: n où sans peine elle fait paiv mr
Par le même à peine auroit pu s'obtenir,
DORANTE
Au-si ne croyez pas que jamais je prél'nde
Obtenir par mérite une faveur si grande:
J'en sais mieux le haut prix; < t mon cœ ir amoureux,
Moins il s'en connoît dign", et plus s'i-n tient heureux,
On me l*a pu toujours dénier sans injure;
El ai la recevant ce cœur mém- en murm ire,
1 n aatU ClulM n'aTslt pM fait na f»az pu, U n'j ■tirait done pM it pltea'
O •! fait ••( 4* l'aouar Mp>r°ol Oa orolnlt pri'»')'!.' qii* o* Doranta, qui
at:- > ''»n'. • mantlr, «larM ca lal«ni dan* «a di'rUniion d amour, et que c«t tn> i-«t uo d< au msnaoDcai ; cependant U ait de boiino (ol (Voltaire 1
I l^. ''.r> le* premier* Imprlmeun oot-Uf "^la bonJieur au lieu d'Aunneur.
(Toluire.)
598 LE MF.NTKUR.
Il se plaint du malheur do sos félicites,
Que le hasard hii donne, et non vos volontés.
Un amant a fort peu de quoi se satisfaire
Des faveurs qu'on lui fait sans dessein de les faire t
<^mnie l'intention seule en forme le prix,
Assez souvent sans elle on les joint au mépris.
Jugez par là quel bieu peut recevoir ma flamaie
D'une main qu'on me donne en me refusant l'âmb.
Je la tiens, je la touche, et je la touche en vain,
Si je ne puis toucher le cœur avec la main.
GLARICE.
Cette flamme, monsieur, est pour moi fort nouvelle. Puisque j'en viens de voir la première étincelle. Si votre cœur ainsi s'embrase en un moment, Le mien ne sut jamais brûler si promptement ; Slais peut-être, à présent que j'en suis avertie. Le temps donnera pface à plus de sympathie. Confessez cependant qu'à tort vous murpiures Du mépris de vo» feux que j'avois ignorés.