‹ uvres des deux CorneilleChapitre 273 sur 433 · SCÈNE III. — DORANTE, CLARICE, LUCRÈCE, ISABELLK, CLITON · texte numérisé non relu

SCÈNE III. — DORANTE, CLARICE, LUCRÈCE, ISABELLK, CLITON

DORANTE

C'est TefTet du malheur qui partout m'accompagne.

Depuis que j'ai quitté les guerres d'Allemagne,

C'est-à-dire, du moins depuis un an entier,

Je suis et jour et nuit dedans votre quartier;

Je vous cherche en tous lieux, au bal, aux promenades;

Vous n'avez que de moi reçu des sérénades ;

Et je n'ai pu trouver que cette occasion

A vous entretenir de mon affection.

GLARICE.

Quoi! vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre?

DORANTE

le m'y suis fait, quatre ans, craindre comme on tonnerre

CLITON

Que lui va-t-il conter?

DORANTE

Et durant ces quatre ans il ne s'est fait combats, ni sièges importants.

ACTK 1, SCENK 111. lîm

Nos arme» n'ont jninais iciupoiU» «lo viclmre Où cotte main r/ail lUi Ikhiik- pirl à In i;lt)ire; tt même la gawtlc a soiivt'ut divulguas,.,

CLITON, li> tirant par la bav|iie.

Savei-vous bien, monsieur, que vous cxtravaguei?

DORAirre.

Tai»-loi.

CLITOW.

Vous rêvei, dis-je, ou...

DORANTE

Tai»-toi, misérabic

CLITON

Vous venei de Poitiers, ou je me donne au diable; Vous en revîntes hier.

D05UNTE, i Clilon.

Te tairas-tu, maraud?

U Clarice.)

Mon nom dan» not lurcc? «'cloit mis assez haut Four taire quelque bruit sans beaucoup d'injustice; Et je 8ui\rois encore un si noble exercice, N'éloil que l'autre hiver, faisant ici ma cour. Je vous vis, et je fus retenu pir Pbmour. Attaqué par vos yeux, je leur reudis les armes ; Je me û^ prisonnier de tant d'aimables charmes ie leur livrai mon âme ; et ce cœur généreux Dès ce premier moment oublia tout pour eux. Vaincre dans les combats, couimander dans l'armée. De mille exploits fameux enfler ma renommée. Et tous CCS uuLles soins qui m'avuioul su ravir, Cédèrent aussitôt à ceux de vous servir.

UABELLE, à Clarice, tont bu.

Uadame, Alcippe vient, il aura de l'ombrage.

Page 1