‹ uvres des deux CorneilleChapitre 284 sur 433 · CI.ARICE · texte numérisé non relu

CI.ARICE

Quoi! tout?

ALCIPPE

Tes passe-temps, de l'un à l'autre bout.

If menre, en vos discours si je puis riea comprendre,

ALCIPPE

Qnand je te veux parler, ton père va descendre ; D t'en souvient alors; le tour est excellent! Mais pour passer la nuit auprès de ton galant....

CLARICE

Alcippe, ètes-vous fou ?

ALCIPPE

Je n'ai plus lieu de l'être, A présent que le ciel me fait te mieux connoitre. Oui, pour passer la nuit en danses et festin, Être avec ton galant du soir jusqu'au matin, (Je ne parle que d'hier) lu n'as point lors de père.

CLARICE

Rêvez-vous? raillez-vous? et que! est ce mystère?

ALCIPPE

Ce mystère est nouveau, mais non pas fort secret. Choisis une autre fois un amant plus discret; Lui-même il m'a tout dit,

CLARICE

Qui, lui-même?

ALCIPPE

Dorante.

CLABICE.

Dorante!

Continue, et fais bien l'ignorante.

CLARICE

Si je le vis jamais, et si je le connoi... !

ALCIPPE

Ne viens-je pas de voir son père avecque toi? Tu passes, infidèle, âme ingrate et légère, La nuit arec le fil^ le jour avec le père l

ACTF. II, SCKNE III. Ai»

CLARICE

Son pÏMo de vieux temps osl m'aiid ami d.i mieo.

AL( IPPE.

CeUe vieille amitié faisoil miIit entretien'

Tu te sens convaincue! et tu m'oses rcponore!

Te faul-il quelque chose enror pour le coiifoudre?

CURICK.

Alcippe, si je sais quel visage a le fils...

ALCIPPE

La nuit étoit fort uoire alors que tu le vis. Il ne t'a pas donné quatre chœurs de musique, Une collation superbe et magnifique, Six services de rang, douze plats à chacun? Son entretien alors l'étoit fort importun? Quand ses feux d'artifice éclairoieni le rivage, Tu n'eus pas le loisir de le voir au visage? Tu n'as pas avec lui dansé jusques au jour? Et tu ne l'as pas vu pour le moins au retour? T'en ai-je dit assez ? Rougis, et meurs de honte,

Je oe rougirai point pour le récit d'un conte,

ALCIPPE

Quoi? je suis donc ua fourbe, un bizarre, un jaloux!

CLARICE

Quelqu'un a pris plaisir à se jouer de vous, Alcippe, croyez-moi.

ALCIPPE

Ne cherche point d'excuse»; Je connois les détours, et devine tes ruses. Adieu : suis ton Dorante, et l'aime désormais; Laisse en repos Alcippe, et n'y ponse jamais.

OURICL.

Ëooutei quatre mots.

ALCIPPE

Ton i>tie va descendre.

CLARICE

Non; il ne descend point, et ne peut nous eulendr*', bit j'aurai tout loisir de vous <iésal)usiT.

ALCIPPE

Je ne l'écoute point, à moins que in'épouser, k moins qu'eu attendant le jour du mariage

4U LE MENTIJUR.

M'en doimer la parole et deux baisers pour gage'.

CLARICE

Pour nie juslifier vous demandez de moi,

ALCIPPE

Deux baisers, et la main, et ta foi.

CLARICE

Que cela ?

ALCIPPE

Résous-toi, sans plus me faire attendre.

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