‹ uvres des deux CorneilleChapitre 294 sur 433 · ACTE m, SCKNE III. 42Ï · texte numérisé non relu

ACTE m, SCKNE III. 42Ï

D'un festin (]triiicr au soir il m'a donné sur l'eau. Jupe «ni [)fii si la ]>ii'cc a la lUdindrc apparence. Aleipi>e ceptiidaiil nraccuse (l'iiuoiislance, Me fait uni' querelle où je ne conipremls rieu. J'ai, ilil-il, loule nuit soufrert son eiilieliea; Il ine parle tie hal, de danse, de musique, D'une colialion su|)erbi- et magnifique.

Servie à tant de plats, ta;it de fois redoublés, Que jeu ai la cervelle et les esprits troublés.

ISABELLE

Reconnoissex par là que Dorante vous aime,

Et que dans son amour son adresse est e\tréme;

Il aura su qu'AU-ippe éloil bien avec vous,

El pour l'en éloigner il l'a rendu jaloux.

Soudain à cet effort il en a joint ue autre,

Il a fait que son père est venu >oir le vôtre.

(Jn amant peut-il mieux agir en un moment

Que de gagner un père v\ brouiller l'aulrc amant?

Votre père l'agrée, et le sien vous souhaite;

U vous aime, il vous plail, c'est une affaire faite.

CURICE.

Elle est faite, de vrai, ce qu'elle se fera.

ISABELLE

Quoi! votre cœur se change, et désobéira?

CLARICF..

Tu vas sortir de garde, et perdre les mesure» * Explique, SI tu peux, encor ses impostures : Il éloil marié sans que l'on eu sût rien; Et son père a repris sa parole du mien. Fort triste de visage et fort confus daus l'âme.

ISAIiELLE.

Ah, je dis à mon tour : Qu'il est fourbe, madame! C'est bien aimer la fourbe, et l'avoir bien en main, Que de prendre plaisir à fourber sans dessein. Car, pour moi, plus j'y songe, et moins je puis comprendra

' Otto m/Upbnre lir<^ lit. l'arl de> aniiet parall aujoufl'hui peu coït». oable dan» la Uiurbc tl uof Clir |iirl.iDt a une fillf ; mai» i|u.'iuil iiuc loiitaphor* e»l u»iU>p, fllf c>•^»e il'lre uoe li^urf. L'art 'le IVscriiur élaul alors beaucoup (ili.s ocmujUD i^u'jujuiiril'bui, lortir Jt <jardt, étri en 'jar le, «iilr^it diDi la 4Mc«un '«nutier, tl oa eiBi>lo7ait cei cxpreuioos ««ec let femme* même*.

(Vu luire.)

428 Lî: MI.NTEUn.

Quel fruil auprès tic vous il en ose pré|pndre.

Biais qu'allcz-vous donc faire? ot pourquoi lui parler?

Est-ce à dessein d'en rire, ou de le quereller?

CLAniCE.

Je prendrai du plaisir du moins à le confondre.

ISABELLE

Peu prendrois davantage à le laisser morfondre.

CLARICE

Non, je lui veux parler par curiosité.

Mais j'entrevois quelqu'un dans celte obscurité, Et si c'étoit lui-même, il pourroil inr couuoUre : Entrons doue chez Lucrèce, allons à sa fenêtre, Puisque c'est sous son nom que je dois lui parler. MoD jaloux, après tout, sera mon pis aller. Si sa mauvaise humeur déjà n'est apaisée. Sachant ce que je sais, la chose est fort aisée.

Page 1