‹ uvres des deux CorneilleChapitre 304 sur 433 · SCÈNE lY. — GÉRONTE, DORANTK, CLITON · texte numérisé non relu

SCÈNE lY. — GÉRONTE, DORANTK, CLITON

GÉRONTE

Je vous oherchois, Dorante.

DORANTE, à part.

Je ne vous cherchois pas, moi. Que mal à prçpos

Son abord importun vient troubler mou repos!

Et qu'un père incommode un homme de mon âge ■!

GKRONTi;.

Vu l'étroite union que fait le mariage,

' Vai. Qn'en moini de Irritm l'œil...

' CnTnoillf aurait pu io (1i!-p4Mn<r iIp rtoiin<>r h Donmto, ilonl ils ▼rutii (air* an pettonnage «gréab >, ce tculiriienl trc>-tiiiiiiural d'irrevërence «hvcih ■•■ fén. (Palisku(.|

no LE MENTEUR.

J'i^sliine qu'en effet c'est n*y consentir point Oi'c laisser désunis ceux que le ciel a joint. \:\ raison le défend, et je sens dans mon âme (il violent désir de voir ici ta femme, J T'ciis donc à son père; écris-lui comme moi : J • lui mande qu'après ce que j'ai su do toi, •1 ■ me tiens trop heureux qu'une si bollo fille, "■i sage, et si bien née, entre dans ma famille*; J ijoute à ce discours que je biûio do voir CvWo qui de mes ans devient l'unique espoir; U"o pour me l'amener tu t'en vas en personne : <'ir enfin il le faut, et le devoir l'ordonne; N'invoyer qu'un valet senliroit son mépris.

DOUANTE.

!'<• vos civilités il sera bien surpris; \-'.'. pour moi je suis prêt : mais je perdrai ma peine; Il lie souffrira pas encor qu'on vous l'amène : i l!e est grosse.

GÉRONTE

Ette est grosse I

Et de plus de six mois»

GÉRONTE

Quii de ravissements je sens à cette fois !

DORANTE

Vous ne voudriez pas hasarder sa grossesse.

GÉRONTE

Non, j'aurai patience autant que d'allégresse; Pi>'ir hasarder ce gage il m'est trop précieui. A ce coup ma prière a pénétré les deux. Je pense en le voyant que je mourrai do joie. Adieu : je vais changer la letlro que j'envoie, En écrire à son père un nouveau compliment, Le prier d'avoir soin de son accouchement, Comme du seul espoir où mon bonheur se fonde.

DORANTE, bas, à Clilon.

Uî bonhomme s'en va le plus content du monde.

GÉRONTE, se retournant.

r'^ris-lui comme moi.

- Si $ag$, tt n bien ni», une ftlle quj a été surprise «tcc un homme pehdam <« aaîtl (Voltaire.)

ACTK IV, set NE I\. 444

DORANTE

Je n'y manquerai pas.

'èClitoD.)

, l'il esl bon !

CI IT.iN.

Taisez-vous, il revient sur ses pa».

Gl'uoNTE.

ne tne souvieiil plus 'lu imiii de Ion bcau-pere. iniiueiit s'ap|M'lle-l-il ?

1)oi;ame.

Il n'esl pas nécessaire; "^ ujs que vous vous donniez les soiuis superQii8« 1 i fermant le paquet j'en irai k- dessus.

OKUONTE.

Ëtant tout d'une main il ser:i plus honnête. DOUANTE, à paît le premier ve».

Ne lui pourrai-je ôler ce souci de la tête? Votre main ou la mienne, il n'importe des deui,

CÉnONTE.

C>es nobles de province y sont un peu fâcheux.

DORANTE

Soa père sait la cour.

GÉRONTE

Ne me fais plus attendre, Dis-iDoL..

DORANTE, i put.

Que lui dirai-je ?

GÉRONTE

Il s'appelle?

Pyrandre.

GÉRONTE

Pyrandre! tn m'as dit tantôt un autre nom; C'étoil, je m'en soui?iens, oui, c'éloit Ârmédon.

DORANTE

(>ui, c'est là son nom propre, et l'autre d'une lerre^ II portoit ce dernier quand il fut à la guerre. Kl Si' '^ert si souvent de l'un cl l'autre nom, \iuc tantôt <'est l'yrandre, cl lanlol Annédoa

Gl'^RONTE.

C'est un abus commun qu'autorise l'usa{»e, Et j'en usois ainsi du temps de mon jeune âge. Adieu : je vais écrire.

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