ACTE V, SCENE
Vous &\et fcuillelé \o di{;eslo à Poiliers, El vu, coiiimo mon fils, les rjcns de ces quarliers : Ainsi vous nie ponvez facili mont apprendre Quell*" esl et la famille, et le bien de Pyrandre.
PIIILISTE.
Quel est-il, ce Pyrandre?
Cr.UONTE.
Un de leurs citoyens, Noble, à ce qu'on m'a dit, mais un peu mal en bien*.
HIIII.ISTli:.
U D'est dans tout Poitiers bourgeois ni gentilhomme
Sont gens dont i Poitiers on ne peut nea apprendre. S'il Toui but sur ce point encor quelque g:iraDt.»
CERONTE.
Eu faveur de- mon (ils voii:> Tailei i^iiurant; Mais je ne sais que irnp rpi'il aim . relie Or|>bise, El qu'après li-s <loucpur> il'nne Inngm- ha«ll^^e, On l'a seul dans sa ohuinlire avec elle trouvé, Que par Min pistolet un <lfSordre arrivé L'a forcé sur-le-champ d'i"|ionser cette belle. Je sais tout; cl, de plus, ma bonté palerneltt M'a fait y ctiuseulir, l'I \iitrf esprit discret N'a plus d'occasion de m'en Taire un secret.
AtGANTE.
Quelque envieux sans doute avec cette chioMM A voulu mettre mal le bU auprès du père ; Et l'bistnirr, el les noms, tout n'esl qu'inia£;iné. Pour toml'er dans ce pi<'^<-, il rtoit trop bien aé. Il avoit Irup do sens, et u«\i de prévoyance. A de si faux rap|>urls donnez iiioiiis de crojaMS. CÊRONTE.
C'est ce que toutefois j'ai peine a concevoir :
Celui doul je le liens disoil le bien savoir,
Bt je leoois la chose assez indinérenle.
Mail dans votre Poitiers i|ti''l tiriiit avoit Dorant*?
AltUANTE.
D'homme de cœur, d'esprit, adroit et résolu;
Il a passé parluut pour ce qu'il a voulu.
Tout ce (jii'on le lilAmoit [mais c'etoient tours d'ecoil|f
C'est >|u'ii faisoil mal sûr de croire a sa |iarole,
Et qu'il se lioiL tant sur sa dextérité.
Qu'il iliSLil peu souvent deux mots de vrité :
Mais ceux qui le blàmoient, cxcusoienl sa jeunetM}
Et comme enliu ce n'fst i|ui' mauvaise linesse.
Et l'ige, et «otre exemple, el vos elu<-i),'uenieDtif
Lui leront bien quitter ces di\ertisS4'meuls.
Faites qu'il s'en c<>iTi;;e avant que l'on le sache;
Ils [lourrogeot ■< sou nom impriuier quelque tacha.
Adieu, je vais rêver uiu- lu'ure a mon procès.
GERUNTE.
Le ciel luiviot m^ '°«ux en règle U iuccctl
459 LE MKNTF.UH.
Qui. si je m'en souviens, de la sorte se nomme.
GlinONTE.
Vous le connoîtrez mieux peut-être à l'autre nom'^ Ce Pyrandre s'appelle autrement Armcdon.
»ni LISTE
Aussi peu l'un que l'autre,
CERONTE.
El le père d'Orphis*, Cette rare beauté qu'en ces lieux même on prise^ Voue ^onnoissez le nom de cet objet diarniant Qui fait de ces cantons le plus digne ornement?
pniLISTE.
Croyez que celte Orphise, Armédon, et Pyrandre, Sont gens dont à Poitiers on ne peut rien apprenAv S'il vous faut sur ce point encor quelque garant....
En faveur de mon fils vous faites l'ignorant; Mais je ne sais que trop qu'il aime cette Orphise, Et qu'après les douceurs d'une longue hantise, Ou la seul dans sa chambre avec elle trouvé j Que par son pistolet un désordre arrivé L'a forcé sur-le-champ d'épouser cette belle. Je sais tout; et, de plus, ma bonté paternelle M'a fait y consentir; et votre espiil discret N'a plus d'occasion de m'en faire un secret.
PHILISTE
Quoi ! Dorante a donc fait un secret mariage?
GÉRONTE
Et, comme je suis bon, je pardonne à son âge.
PHILISTE
Qui voua Ta dit?
CÊRONTE.
Lui-même.
PHILISTE
Ah ! puisqu'il vous l'a dit, U vous fera du reste un fidèle récit, H en sait mieux que moi toutes les circonstances : Non qu'il vous f.iille en prendre aucunes défiance*; Mais il a le talent de bien im.iginer, Ei moi, je n'eus jamais celui de deviner.