‹ uvres des deux CorneilleChapitre 314 sur 433 · ACTE V, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE

Vous &\et fcuillelé \o di{;eslo à Poiliers, El vu, coiiimo mon fils, les rjcns de ces quarliers : Ainsi vous nie ponvez facili mont apprendre Quell*" esl et la famille, et le bien de Pyrandre.

PIIILISTE.

Quel est-il, ce Pyrandre?

Cr.UONTE.

Un de leurs citoyens, Noble, à ce qu'on m'a dit, mais un peu mal en bien*.

HIIII.ISTli:.

U D'est dans tout Poitiers bourgeois ni gentilhomme

Sont gens dont i Poitiers on ne peut nea apprendre. S'il Toui but sur ce point encor quelque g:iraDt.»

CERONTE.

Eu faveur de- mon (ils voii:> Tailei i^iiurant; Mais je ne sais que irnp rpi'il aim . relie Or|>bise, El qu'après li-s <loucpur> il'nne Inngm- ha«ll^^e, On l'a seul dans sa ohuinlire avec elle trouvé, Que par Min pistolet un <lfSordre arrivé L'a forcé sur-le-champ d'i"|ionser cette belle. Je sais tout; cl, de plus, ma bonté palerneltt M'a fait y ctiuseulir, l'I \iitrf esprit discret N'a plus d'occasion de m'en Taire un secret.

AtGANTE.

Quelque envieux sans doute avec cette chioMM A voulu mettre mal le bU auprès du père ; Et l'bistnirr, el les noms, tout n'esl qu'inia£;iné. Pour toml'er dans ce pi<'^<-, il rtoit trop bien aé. Il avoit Irup do sens, et u«\i de prévoyance. A de si faux rap|>urls donnez iiioiiis de crojaMS. CÊRONTE.

C'est ce que toutefois j'ai peine a concevoir :

Celui doul je le liens disoil le bien savoir,

Bt je leoois la chose assez indinérenle.

Mail dans votre Poitiers i|ti''l tiriiit avoit Dorant*?

AltUANTE.

D'homme de cœur, d'esprit, adroit et résolu;

Il a passé parluut pour ce qu'il a voulu.

Tout ce (jii'on le lilAmoit [mais c'etoient tours d'ecoil|f

C'est >|u'ii faisoil mal sûr de croire a sa |iarole,

Et qu'il se lioiL tant sur sa dextérité.

Qu'il iliSLil peu souvent deux mots de vrité :

Mais ceux qui le blàmoient, cxcusoienl sa jeunetM}

Et comme enliu ce n'fst i|ui' mauvaise linesse.

Et l'ige, et «otre exemple, el vos elu<-i),'uenieDtif

Lui leront bien quitter ces di\ertisS4'meuls.

Faites qu'il s'en c<>iTi;;e avant que l'on le sache;

Ils [lourrogeot ■< sou nom impriuier quelque tacha.

Adieu, je vais rêver uiu- lu'ure a mon procès.

GERUNTE.

Le ciel luiviot m^ '°«ux en règle U iuccctl

459 LE MKNTF.UH.

Qui. si je m'en souviens, de la sorte se nomme.

GlinONTE.

Vous le connoîtrez mieux peut-être à l'autre nom'^ Ce Pyrandre s'appelle autrement Armcdon.

»ni LISTE

Aussi peu l'un que l'autre,

CERONTE.

El le père d'Orphis*, Cette rare beauté qu'en ces lieux même on prise^ Voue ^onnoissez le nom de cet objet diarniant Qui fait de ces cantons le plus digne ornement?

pniLISTE.

Croyez que celte Orphise, Armédon, et Pyrandre, Sont gens dont à Poitiers on ne peut rien apprenAv S'il vous faut sur ce point encor quelque garant....

En faveur de mon fils vous faites l'ignorant; Mais je ne sais que trop qu'il aime cette Orphise, Et qu'après les douceurs d'une longue hantise, Ou la seul dans sa chambre avec elle trouvé j Que par son pistolet un désordre arrivé L'a forcé sur-le-champ d'épouser cette belle. Je sais tout; et, de plus, ma bonté paternelle M'a fait y consentir; et votre espiil discret N'a plus d'occasion de m'en faire un secret.

PHILISTE

Quoi ! Dorante a donc fait un secret mariage?

GÉRONTE

Et, comme je suis bon, je pardonne à son âge.

PHILISTE

Qui voua Ta dit?

CÊRONTE.

Lui-même.

PHILISTE

Ah ! puisqu'il vous l'a dit, U vous fera du reste un fidèle récit, H en sait mieux que moi toutes les circonstances : Non qu'il vous f.iille en prendre aucunes défiance*; Mais il a le talent de bien im.iginer, Ei moi, je n'eus jamais celui de deviner.

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