‹ uvres des deux CorneilleChapitre 318 sur 433 · DOUA>TE · texte numérisé non relu

DOUA>TE

Moi'

GÉUONTE.

[-aisse-nioi parler, toi, de qui l'iinposlure Souille honteusement ce don de la natuie : C'ni se dit gentilhoninie, et meut coinuK' lu fais, Il mont quand il le dit, et ue le fut jamais. Ksl-il vice plus bas? est-il tache plus noire, Plus indigne d'ini homme élevé pour la gloire' l-st-il quelque fdihiesse, est-il quelque action lloiil un cœur vraiuient noble ait plus d'aversion, Puisqu'un seul. démenti lui porte une infamie Uii'il ne peut t-ffacer s'il n'expose sa vie. Kl si dedans le sang il ne lave l'affront Qu'un si hooleux outrage imprime sur son froat?

DORANTE

N^ui vous dit que je meus?

GÉRONTE

Qui me le dit, infâme?

Difr-moi, si tu le peux, dis le nom de ta femme. Le conte qu'hier au soir lu m'en fis publier....

CtlTON, bas, a Dorante.

Dites que le sommeil vous l'a fait oublier.

GÉRONTE

Ajoute, ajoute encore avec elîronteiie

Le nom de Ion beau-père et de sa seigneurie;

Invente à m'éblouir quelques nouveaux détours.

CLITON, bas, i DoranU.

Appelez la mémoire ou l'esprit au secours.

GÉRONTE

De quel front cependant faut-il que je confesse Que ton eflronlcrie a surpris ma vieillesse, Qu'un homme de mou âge a cru légèrement Ce qu'un liomtiie du tien débite impudemment? Tu me fais donc ser\ir de fable et de lisée, Passer pour esprit foilile, et pour cervelli usée! Mais dis-mui, te |M)rlois-j ' à la gorge un poignard? Voyois-tu violence ou courroux de ma part? Si quelque av»'rsi(in l'éloignoil de Clarice, Quel besoin a\ ois-tu d'un si lâche ai tifice? Lt pouvois-lu douter que mon consentement

Ne dût tout accorder à Ion conlenteineat, Puisque mon indurgence, au dernier point venue, Approuvoit à tes yeux l'hymen d'une inconnue '? Ce grand excès d'amour que je l'ai témoigné N'a point touché ton cœur, ou ne Ta point gagné : Ingrat, lu m'as payé d'une impudente feinte, Et tu n'as eu pour moi, respect, amour, ni crainte Va, je te désavoue.

DORAINTE.

Eh ! mon père, écoutez.

GÉRONTE

Quoi! des contes en l'air et sur l'heure inventés?

DORANTE

Non, la vérité pure.

GLRONTE.

En est-il dans ta bouche?

CLITON, bas à Dorante.

Voici pour votre adresse une assez rude touche.

DORANTE

Épris d'une beauté, qu'à peine j'ai pu voir Qu'elle a pris sur mon âme un absolu pouvoir, De Lucrèce, en un mot... vous la pouvez connoitre.

GÉRONTE

Dis vrai : je la connois, et ceux qui l'ont fait naître ; Son père est mon ami.

DORANTE

Mon cœur en un moment Étant de ses regards charmé si puissamment, Le choix que vos bontés avoient fait de Clarice, Sitôt que je le sus, me parut un supplice : Mais comme j'ignorois si Lucrèce et son sort Pouvoieut avec le vôtre avoir quelque rapport, Je n'osai pas encor vous découvrir la flamme Que venoient ses beautés d'allumer dans mon àme; Et j'avois ignoré, monsieur, jusqu'à ce jour Que l'adresse d'esprit fût un crime en amour. Mais, si je vous osois demander quelque grâce, A présent que je sais et son bien et sa race. Je vous coDJurerois, par les nœuds les plus doux

Tak. Gonsentoit à tes jeus l'hymM d'une iuconiiue.

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