‹ uvres des deux CorneilleChapitre 317 sur 433 · SCÈNE IIL - GÉRONTE, DORANTE, CLITON · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL - GÉRONTE, DORANTE, CLITON

GERONTE.

Ëte«-?ou8 gentilhomme '?

' Cette tcPBe eit imitée de l'ecpagnol. Le gëoie mAte de Coriii^ille quitt« la iC tua familipr de la comédie; le iiijet qa'il traite î'oblige d'élever u «oil : t'est UD p'Te juitem'ut iiidigoé, c'eit

Iratiit Cbremcf (qui) lumido ilclitigat or«.

On voit ici ta mi':itie irialii qui peignit le vieil Horace et don Diegue. Il u'est ^int de père qui m- doive faire lire celte belle iciMie à tci enruals. (Voltaire.)

Cette bruMjue apottropUe : < Êlet-vout yeiUilhummtf > vaut 1« mot do dos

^S4 LE Mi: NTEUR.

DOUANTE, i paru

Ah! rencontre fâcheusei ( haut.) F'tant sorti de vous, la chose est peu douteuse.

GÉRONTE

Croyez-vous qu'il suffit d'être sorti de moi?

DOBAME.

Avec toute la France aisément je le croi.

GÉRONTE

Et ne savez-vous point avec toute la France

D'où ce titre d'honneur a tiré sa naissance,

Et que la vertu seule a mis en ce haut rang

Ceux qui Font jusqu'à moi fait passer dans leur sang?

DORANTE

J'ignorerois un point que n'ignore personne,

Que la vertu l'acquiert, comme le sang le donne?

GÉRONTE

Où le sang a manqué, si la vertu l'acquiert.

Où le sang l'a donné, le vice aussi le perd.

Ce qui naît d'un moyen périt par son contraire;

Tout ce que l'un a fait, l'autre ie peut défaire;

Et, dans la lâcheté du vice où je te voi,

Tu n'es plus gentilhomme, étant sorti de moi.

Diègue : c Rodrigue, a$-tu du coeur ? > C'est le même appel fait au sentiment de l'honneur. Et voyez comme Gérnnte, vieux gentilhomme, ressent la bonté de son fils, et de quel ton il la lui reproche, répétant plusieurs fois à dessein les mots qui sont lea plus cmeb à entendre pour un bomnie d'honneur, les mots de lâche et de menteur; si bien que, s'irritant de ces déGs injurieux et oubliant presque que c'est «on père qui lui parle. Dorante s'écrie avec colère et prêt à répondre i l'insulte : <Je ne luisplus gentilhomme, moi ! > Mais ce cri de 6ertr ■'apaise pas le vieillard, et il reprend avec l'autorité d'un père irrité :

— Laisse-moi parler, toi de qni l'imposture Soaille honteatement c« don de la nature.

VientAl pourtant, après ces premiers cris de l'honneur outragé, Gërente reprend le toD du père affectueux et indulgent, d'autant pins affligé des fourberies de son 61s qu'il l'avait traité avec plus de douceur : ne lui avait-il pas pardonné son prétendu mariage clandestin ? et c'est |>ar un mensonge qu'il a reconnu sa tendresse I Ainsi toujours, dans Géroole comme dans don Oiègua et dans le vieil Horace, l'amour paternel se montre nièlc d<- tendresse et de fermeté, de force et de faiblesse, tel qu'il est enfin. Mais, dans ce mélange, Cor> Beiile a toujours soin de soumettie le sentiment faillie au sciilimeot fort, la tendresse au devoir: et la loi morale reste supérieure a l'huinnie, dont elle contient le ccTur sans l'élouller. Il y a, entre Géronte et dou Dieune ou le vieil Horace, les dilléreiices i|ui séparent les personnages comiquesdes (lersounages tragiques; mais c'est le même fond de $eBti»epi« «l d'idées. |Saiiji-Marc Girardio.J

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