‹ uvres des deux CorneilleChapitre 32 sur 433 · L INFAME · texte numérisé non relu

L INFAME

i.e saint nœud qui joindra don Rodrigue et Chimèot |i<s péres.ennemis dissipera la haine; Il nous Nerrons bientôt votre amour le plus fort Par un heureux hymen étouffer ce discord.

CHIMÈNE

Je le souhaite ainsi plus que je ne l'espère : Don Diègue est trop allier, et je connois mon père. Ji- sens couler des pleurs que je veux retenir; l.e passé me tourmente, et je crains l'avenir.

l'infante.

Que crains-tu? d'un vieillard l'impuissante foibleiMÎ

liodriguc a du courage.

Il a trop de jeunesse.

COIMl^NE.

i>es hommes valeureux le sont du premier coup.

l'infante.

Tu ne dois pas pourtant le redouter beaucoup; Il est trop amoureux pour le vouloir déplaire; tl deux mois lie ta bouche arrêtent sa colère.

• Ta>. lloBueur iiu|iit>y»Uc i set plu clicn détint

CIIIMÈISE.

S'il ne m'obéit point, quel comble à mon ennui î Et, s'il peut m'obéir, que dira-t-on de lui? Étant ué ce qu'il est, souffrir un tel outrage! Soit qu'il cède ou résiste au feu qui me l'enj^age, Mon esprit ne peut qu'être ou honteux, ou confu», De sou trop de respect, ou d'un juste refus.

l'infante.

Chimène est généreuse, et, quoique intéressée, Elle ne peut souffrir une basse pensée : Mais, si jusques nu jour de l'accommodement Je fais mon prisonnier de ce parfait amant, Et que j'empêche ainsi l'effet de son courage. Ton esprit amoureux n'aura-l-il point d'ombrage?

CHIMENE

Ah ! madame, en ce cas je n'ai plus de souci.

Page 1