‹ uvres des deux CorneilleChapitre 31 sur 433 · SCÈNE m. — L'INFANTE, CHIMÈNE, LÉONOR · texte numérisé non relu

SCÈNE m. — L'INFANTE, CHIMÈNE, LÉONOR

l'infante.

Apaise, ma Chimène, apaise ta douleur; Fais agir ta constance en ce coup de malheur : Tu reverras le calme après ce foible orage ; Ton bonheur n'est couvert que d'un peu de nuage, Et tu n'as rien perdu pour le voir différer

CHIMÈNE

Mon cœur, outré d'ennuis, n'ose rien espérer. Un orage si prompt qui trouble une honace D'un naufrage certain nous porte la menace; Je n'en saurois douter, je péris dans le port. J'aimois, j'étois aimée, et nos pères a'accord; Et je vous en contois la première nou'elle*, Au malheureux moment que naissoit leur quereli», Dont le récit fatal, sitôt qu'on vous l'a fait. D'une si douce attente a ruiné l'effet. Maudite ambition, détestable manie,

* Tar. Et je voui es coaloit U charmante Douvelle.

ACit; II, SCF.NE III. 43

Donl les plus généreux soufTrenl la lyranuie! lni[iit(>ya))le honiioiir, moili-l à mes plaisirs*. Que lu me vas coûter de pleurs et de soupirs!

l'infante.

Tu n'as dans leur querelle aucuu suji l di- craindre; Un inuinenl l'a fait naître, un niouunl va l'éteiudre : Llie a fait trop de bruit pour ne pas s'aimrder, Puisque déjà le roi les veut accommoder ; El lu sais que mon âme, à tes ennuis sensible, Pour en tarir la source y fera l'impossible.

CliniÈNE.

Les accommodements ne font rien en ce point : l^s affronts à l'Iiunneur ne se réparent point. Un vain on fait agir la force ou la prudenee; Si l'on guérit le mal, ce n'est qu'en apparence : 1-a haine que les cœurs conservent au-dedans Nourrit des feux cachés, mais d'autant plus ardeoto.

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