‹ uvres des deux CorneilleChapitre 339 sur 433 · SCÈNE VI. DORANTE, CLITON · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. DORANTE, CLITON

DORANTE

N'est-il pas vrai, Cliton, que c'eût été dommage De livrer au malheur ce généreux courage? J'avois entre mes mains et sa vie et sa mort. Et je ii\e viens de voir arbitre de son sort.

CUTUN.

Quoi ! c'est là donc, monsieur?...

DORANTE

Oui, c'est là le coupable.

CUTON.

L'homme à votre cheval ?

DORANTE

Rien n'est si véritable.

CUTON.

Je ne sais où j'en suis, et deviens tout confus.

Ne m'aviez-vous pas dit que vous ne mentiez plus?

D0RANT£

J'ai vu sur son visage un uoble caractère,

Qui, nie parlant pour lui, m'a forcé de me taire,

i;t (l'une >oii connue entre les gens de cœur

M'a 'lit qu'en le perdant je me perdrois d'honneur.

J'ai cru devoir uieulir pour sauver un brave homme.

CLITON

Et c'est ainsi, monsieur, que l'on s'amende â Rome*?

Je me tiens au proverbe; oui, courez, voyagez.

Je veux être guenon si jamais vous changez :

Vous mentirez toujours, monsieur, sui- ma parole.

Croyez-moi que Poitiers est une bonne école;

Pour le bien du publie je veux le publier ;

Les leçoDs qu'on y prend ne peuvent s'oublier.

DORANTE

Je ne mens plus, Clilon, je t'en donne assurance; Mais en un tel sujet l'occasion dispense.

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