SCÈKE VII - LE ROI, D. SANCHE , D. ARIAS
D. SANCHE
Peut-être un peu de temps le rendroit moins rebelle; Ou l'a pris tout bouillaul encor de sa querelle; Sire, dans la chaleur d'un premier mouvcmrat, Uii cieur si généreux se rend malaisément. Il \oit bien qu'il a tort, ihais ime âme si haute N'est pas sitôt réduite à confesser sa faute.
LE ROI
Don Sanche, taisez-vous, et soyez averti Qu'on se rend criminel à prendre son parti.
D. SANCHE
J'obéis, et me tais; mais, de grâce encor, sire. Deux mots eu sa défense.
Li: ROI.
Et, que pourrcz-vous dire?
D. SANCHE
iju'une âme accoutumée aux grandes actions Ne se peut abaisser à des soumissions : 1.1 le n'eu conçoit point qui s'expliquent sans honte; Kl l'est à ce mol seul qu'a résisté le comte, il trouve en sou devoir un peu trop de ii;jui m tj \ous obtiioil, s'il avoit moins de co'ur. Cotiimaudez que son bras, nourri dans les alaimes Kepare cette injure a la pointe des armes ; Il satisfera, sire, et vienne qui voudra. Attendant qu'il l'ail su, <?oici >)ui repoudra.
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LE KOI.
Vous perdez e respect : mais je pardonne à l'âge,
El j'eslime l'jrdenr* on un jeiuio courage.
Un roi dont ^a prudence a de meilleurs objets
Est meilleur ménager du sang de ses sujets :
Je veille pour les miens, mes soucis les conservent,
Comme le chef a soin dos membres qui le servent.
Ainsi votre raison n'est pas raison pour moi;
Vous pai lez en soldat, je dois agir en roi ;
Et, quoi qu'on veuille dire, et quoi qu'il ose croire,
Le comte à m'obcir ne peut perdre sa gloire.
D'ailleurs, l'affront me louche, il a perdu d'honneur
Celui que de mon fils j'ai fait le gouverneur ;
S'attaquer à mon choix, c'est se prendre à moi-même,
Et faire un attentat sur le pouvoir suprême.
N'en parions plus. Au reste, on a vu dix vaisseaui
De nos vieux ennemis arborer les drapeaux ;
Vers la bouche du fleuve ils ont osé paroîlre.
D. ARIAS
Les Maures ont appris par force à vous connoître, Et, tant de fois vaincus, ils ont perdu le cœur De se plus hasarder contre un si grand vainqueur.
LE ROI
Ils ne verront jamais, sans quelque jalousie,
Mon sceptre, en dcpil d'eux, régir l'Andalousie;
Et ce pays si beau, qu'ils ont trop possi-dé,
Avec un œil d'envie est toujours regardé.
C'est l'unique raison qui m'a fait dans Séville
Placer, depuis dix ans, le trône de Castille,
Pour les voir de plus près, et d'un ordre plus prompt
Renverser aussitôt ce qu'ils entreprendront.
D. ARIAS
Sire, ils ont trop appris aux dépens de leurs têtes' Combien votre présence assure vos conquêtes ; Vous n'avez rien à craindre.
LE ROI
Et rien à négliger.
Le trop de confiance attire le danger ;
' TAR. Et j'excuse l'ardeur en un jeune coura'^e.
* TAR. Il* savent aux dépens rie leurs plus (tii,'iies iôift<