‹ uvres des deux CorneilleChapitre 395 sur 433 · ACTE I, SCtliNE VII. 5û · texte numérisé non relu

ACTE I, SCtliNE VII. 5û

nOOOCCNE.

La haine entre les praiiils se lalino rnromoiil;

La paix sumrnl n'y snl <|ik' dun amiKor.:. iil;

Ri, dans It-lal où j'oiilio, à le pailor saii> f. into,

Elle a lieu de me ciaiiidic, cl jr cinins rrlli' ci ainlA*

Non qu'enfin je ne donni' au l>ien di-* tieux élal»

Ce que j'ai dû de haine à de Icis alliiilals :

J'onhlie ol pliineinenl toute mon a\enluic;

liais une grande olicn-^e esl de colle nature,

Que toujours son auteur impute à roflcnsé

Up vif ressenlinii'nl dont il le croil Idrssé;

El, quoiqu'en ajipareiice on les réfoiitilie,

Il le craint, il le hait, et jamais ne s'y fie;

El, toujours alarmé de celle illusion,

Sitôt qu'il peut le perdre, il prend l'occasMa.

Telle est pour moi la reine.

LiOXICE.

Ah! mailame, je jure Que par ce faux soupçon vous lui fuites injure. Vous devez oublici un dés<'spoir jaloux Où força son courage un infidèle épuux. Si, teinle de son sang et toule furieuse. Elle vous traita lors en rivale odieuse, L'impétuosité d'un premier m-tuvcmont Engageoil sa vengeance à cf dur Iraitemen!; Il falîoil un prélcxle a vaincre sa colère, Il y falloit du temps; el, pour ne \ou^ rien tr. re, Quand je me disponsois à lui mal oliéir ', Quand en votre faveur je st-mblois la trahir. Peut-être qu'en son cœur plus douce ( t repentie Elle en dissimuloil la meilleure |Kirlie; Que, se voyant tromper, elle fermoit K-s yeu», Et qu'un peu de pilié la satisfaisoit mieux. A présent que l'amour succède à la colère. Elle ne vous voit plus qu'avec des yeu\ de mère: El si de cel amour je la voyois sortir, Je jure de nou\r,iu de vous en avertir : Vous saver comme quoi je \ous suis tout acquise,

* TolUire reinir<|iiF qui ce «trt d mi poinl françaU, et il a ra.too ; mi t M^ pmn lit te dttpnutr Àê

Li» roi souffriroit-il d'ailleurs quelque surprise?

rodocum:.

Qui que ce soit des deux qu'on couronne aujourd'hui, Liie sera sa mère, et pourra tout sur lui.

LAOMCE.

Qui que ce soit des deux, je sais qu'il vous adore : Coanoissaut leur amour, pouvez-vous craindre encoro?

RODOGDNE.

Oui, je crains leur hymen, et d'être à l'un des deilt»

LAONICE

Quoi! sont-ils des sujets indignes de vos feui?

Comme ils ont même sang avec pareil mérite, Un avantaf^e égal pour eux me sollicite; Mais il esi malaisé dans cette égalité Qu'un espiit combattu ne penche d'un côté. Il est des nœuds secrets, il est des sympathie*. Dont par le doux rapport les âmes assorties S'attachent l'une à l'autre, et se laissent piquer Pai' ces je ne sais quoi qu'on ne peut expliquer. C'est par là que l'un d'eux obtient la pi éférence : Je crois voir l'autre encore avec indifférence; Mais celte indifférence est une aversion Lorsque je la compare avec ma passion.

Étrange effet d'amour! incroyable chimère! Je voudrois être à lui si je n'aimois son frère; Et le plus grand des maux toutefois que je craint. C'est que mon triste sort me livre entre ses maio&v

I liAONICE.

Ne pourrai-je servir une si belle flamme?

RODOGDINE.

Ne crois pas en tirer le secret de mon âme : Quelque époux que le ciel veuille me destiner. C'est à lui pleinement que je veux me donner. De celui que je crains si je suis le partage, Je saurai l'accepter avec même visage; L'hymen me le rendra précieux à son tour, Et le devoir Tera ce qu'auroit fait l'amour, Sans crainte qu'on reproche à mon humeur foret Qu'un autre qu'un mari règne sur ma pensée.

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