‹ uvres des deux CorneilleChapitre 401 sur 433 · V.M recevra bientôt celle qui m'y réduit · texte numérisé non relu

V.M recevra bientôt celle qui m'y réduit

L'amour que j'ai pour toi tourne en haine pour elle :

Autant que l'un fut grand, l'autre sera cruelle;

l^l, puisqu'en te perdant j'ai sur qui me venger,

Ma perte est supportable, et mon mal est léger.

LAONICE

Quoi ! vous parlez encor de vengeance et de hain* Pour celle dont vous-même allez faire une reine?

CLÉOPATRE

Quoi! je ferois un roi pour être son époux,

Et m'exposer aux traits de son juste courroui!

N'apprend las-tu jamais, âme basse et grossière*,

A voir par d'autres yeux que les yeux du vulgaire?

Toi qui connois ce peuple, et sais qu'aux champs de Mars

Lâchement d'une femme il suit les élcnlards;

Que, sans Anliochus, Trj'phon m'eût dépouillée;

Que sous lui sou ardeur fut soudain réveillée;

Ne saurois-tu juger que si je nomme un roi,

C'est pour le commander, et combattre pour moi?

J'en ai le choix en main avec le droit d'aînesse;

' Infâme est trop fori Un défaut trop commun au théâtre, avant RaclDe,éiyi de faire pailer If-s méchants princes comme on parle d'eux, de leur faire àif qu'ils sont méchants et exécrable? : cela est trop éloigné de la nature, rnlinqut intérêt a Ch opAire de dire tant de mal d'eP.e-mème ? (Voltaire.)

' Celle apo^iroplip que rien ne provo'iue ni ne jiislilie, a été blâmée par tou les co.7iinenlatenrs. Cléopàtre ne doit pas évidemment traiter ainsi une fomOM k laquelle elle tait de si terribles aveus.

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