ACTE l!l, SCF.M
Quelle fitl. lilo vous couscivo mon àme, Et qu'.TjMul rtHMiniiu sa haiiio, ol nioii orrnir, Le ccpur yri>s «K* soupirs i-l fiéunssaul d'Iioncur, Je romps une foi ilui' aux secivls ilo ma roine, El vous ïieus déi-ouwir mou erreur ol sa liaine.
Ronor.iNE.
Ot a^is salutaire est runicjiie secours A qui je crois (l«'voir lo reste «le mes jour». Mais ce a'esl pas assez df m'a\oir a\ ortie; Il faut de ces pciiis in'applauir la sortie; Il faut que tes cuuseils luaideiit à repousser...
LAONICE
Madame, an nom des dieux, veuille?, m'en dispenser
C'est assez que pour vous je lui sois \nlid(le,
Sans m'engager encore à des conseils contre elle.
Oronte est a\fc vous, qui, comme ambassadeur,
Dcvoit de cet hymen honorer la splendeur;
Comme c'est eu ses mains que le roi voire frèra
A déposé le soin d'une tête si chère,
Je vous laisse avec lui pour en délibérer.
(Juoi que vous resoUiez, laissez-moi l'ignorer.
Au reste, assurez-vous de l'amour des deux princes;
Plutôt que de \uus perdr« ils perdront leurs proNiuoet t
Mais je ne re^Miuds pas que ce cœur inhumain
Ne veuille à leur relus s'armer d'une autre main.
Je vous parle en tremblant; si j'étois ici vue,
Voire péril critidiiit, et je serois perdue.
Fuyez, grande princesse, et soiiHrez cet adieu.
RODOGLNE.
Va, j« recouuoitrai ce service en son lieu.
SCtNE n. - RODOGUNE, ORONTK.
RODOGINE.
Que ferons-nous, Oionle, en ce péril extrême, Où l'on fail «le un>ii sang le prix d'un «li.idéme? Fuirons-nous cli»-/. mou frère? attendrons-nous la mort? Ou ferons-uous contre elle un généreux ell'ort?
onoNTE.
Noire fuite, madame, est assez difficile; J'ai vu des geus de guerre épandus par la ville.
584 nODOGUNi:.
Si l'on veut votre perte, on vous fait oi)servor On, s'il vous est permis oiicoi- de vous siuivcr, i/a\is de Laonice est sans doiilc une adresse; Feignant de vous servir elle sert sa maîtresse. La reine, qui surtout craint de vous voir irj^ner. Vous donne ces terreurs pour vous faire' élolj^ner; l'{ pour rompre un hymen qu'avec peine elle endure l.lie en veut à vous-même imputer la rupture. Llle obtiendra par vous le but de ses souhaits, f"l vous accusera de violer la paix; Et le roi, plus piqué contre vous que contre elle. Vous voyant lui porter une guerre nouvelle. Blâmera vos frayeurs, et nos légèretés, D'avoir osé douter de la foi des traités; Et peut-être, pressé dos guerres d'Arménie, Vous laissera moquée, et la reine impunie.
A ces honteux moyens gardez de recourir. C'est ici qu'il vous faut ou régner ou périr. Le ciel pour vous ailleurs n'a point fait de couronne Et l'o^ - en rend indigne alors qu'on Tabaudonne.
RODPGUNE.
Ah ! que de vos conseils j'aimerois la vigueur, Si nous avions la force égale à ce grand cœurl Mais pourrons-nous braver une reine en colère Avec ce peu de gens que m'a laissés mon frère?