‹ uvres des deux CorneilleChapitre 410 sur 433 · SCÈNE m. — RODOGINE. «cale · texte numérisé non relu

SCÈNE m. — RODOGINE. «cale

Quoi! je ponrrois dt^scendie à ce làdio artifice. D'alIiT de mes amants mendier le service, Va. ^ous rinJiffne nppàl d'un coup d'œil afiélé, J'iiois jusqu'en leurs cœurs cliercher ma sûreté! Celles de ma naissaïue ont horreur des l)asg-s<;es; L( u( sanp fout pénéicux liait ces molles adresses yuel que soif le secours qu'ils me puissent oflrir, Je croirai faire assez de le daiffiier souffrir ; Je verrai leur amour, j'opnni\erai sa force. Sans flatter leurs di'sirs, sans leur jeter d'amorce; Et, si! est assez Ibrl pour me servir d'appui, Je le ferai régner, mais en régnant sur lui. Sentiments étouffés de colère et de haine, Hallumer vos flambeaux à celles de la reine, Et d'un oubli contraint rompez li dure loi, Pour rendre enfin ju'^tice aux mânes d'un grand roi, Rap|K)rlez à mes yeux son image sanglante, D'amour et de fureur encore étincelnnCe, Telle que je le vis, quand tout percé de coups Il me cria : • Vengeance! Adieu; je meurs pour vousl • (ibère ombre, bélas! bien loin de l'avoir poursuivie, J'allois baiser la main qui l'arracha la vie. Rendre un respect de fille à qui versa ton sang; ll.iis pardonne aux devoirs que m'impose mon rang : Plus la hante naissance approche des couronnes, Plus cette grandeur même asservit nos personnes; Nous n'avons point de cœur pour aimer ni haïr; Toutes nos passions ne savent qu'obéir.

Après a\oir armé pour venger cet outrage. D'une paix mal conçue on m'a faite le gige; Et moi, fermant les yeux sur ce noir attentat. Je suivois mon destin en victime d'ét<<t : Mais aujourd'hui qu'on voit celle main parricide, Des restes de ta vie insolemment avide,

Vouloir encor percer ce sein infortuné,

5SC nODOGUNE.

Pour y chercher \o cœur que lu in'avois donné^ De I;i paix (juVllo rompt je ue suis phis le i^a^je; Je l)rise avec houneur mou ilhistre esclavaf;e; J'ose repreudre un coeur pour aimer et lutïr, El ce n'est plus (ju'à loi que je veux obéir.

Le conscutiras-tu cet effort sur ma flamme, Toi, son vivant portrait, que j'a<lore dans l'âme, Cher prince, dont je n'ose en mes phis doux souhaite Fier eucor le nom aux miirs de ce palais? Je sais quelles seront les douleurs et tes craintes, Je vois déjà les maux, j'entends déjà tes plaintes : Mais pardonne aux devoirs qu'exige enfin un roi A qui tu dois le jour qu'il a perdu pour moi. J'aurai mêmes douleurs, j'aurai mêmes alarmes; S'il t'en coûte un soupir, j'en verserai dos larmes.

Mais, dieux I que je me trouble en les voyant tous deuiif Amour, qui me confonds, cache du moins les feux; Et, content de mon cœur dont je te fais le maître, Dans mes regards surpris garde-toi de paroître.

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