‹ uvres des deux CorneilleChapitre 412 sur 433 · SCÈNE V. — ANTIOCHUS, SIÏLKUCIS · texte numérisé non relu

SCÈNE V. — ANTIOCHUS, SIÏLKUCIS

AMior.iius llolasl (■ )>sl tloiic ainsi qu'on li. 4 Lt» plus profonds respects (t'iiiie amour si paiTaili*!

SÉLELCUS.

Elle nous fuil, mon frère, après celle rigueur.

ANTIOCHUS

Elle fuit, mais en Partfac, en nous perçant le cœur

SLLEL'CUS.

Que le ciel est injuste! Une âme si cruelle Uéritoit uotre nièré, et de\oit nailre d'elle.

AMIOCIIUS.

FlaiguoDS-uous sans blasphème.

SÉLEICUS.

Ah ! que vous me gêaet Par celle retenue où vous vous obstinez! Faut-il oncor n-gncr? fjut-il l'aimer encore'

ANTIOCIIIS.

11 faut plus de respect pour celle qu'on adore.

SÉl.tCCCS.

Cest 011 d'elle ou du trône élre ardemment épris, Que vouloir ou l'aimer ou régner à ce prix.

ANTIOCIIDS.

C'est et d'elle et de lui tenir iiion peu do compte, Que faire une révolte et si pleine et si prompte.

neuls Décesiaires à l'actioa qu'il reut produire. Ainsi Rodogunp, prt'le à l'pouser celui dei deux priaret auquel son devoir la dDum-ra ijuaiid il tera déclare l'aioë, ne te croit (u& peruiii de se donner clli'-inénic suns exiger pour condition que (OD premier man loit vengé; c'est-à-dire sans obliger le prince qu'elle •koiiira a axauiner sa mère :

Je -ne mettrai trop haut ('il faut que je me donne, etc. Cette ppouTaDtatile proposilioD u ett qu'une subtile invenlion <l<'At née à foa* 4er U lituatU'D de ciuquienie acte, en plaçant Ko<lo;^iiiie elle-iiiiiiie d.ins U a<>ceuilé de proliii ^er l'incerlilude des deux princes; et lors<|iie eetle lucerti* tadc cetse par l'a«eu qu'elle fait a Auliocbus et par lu reuiiineiiieiii île Séleu» cas, la ficililé avec l.iqu> Ile R<>doguue abandonne hoo projet ajoute encore i la kUarrehe de l'idée qui l'a produit :

Votre refus est juste autant que ma demande, etc. C'était aiosi que le siècle de Corneille lui apprenait a traiter les sentinieoti dm CU-tir , ce sietle, si devot a l'auioiir, est un cxeiii|ile, parmi tant it'antres, dei •llet» de la «U|>erslîlioD sbr le xerilable culte : et le grave, le >liii|i|e Curiiellle, (Ou<ni> aux >U|»-r«iitions le la galanterie de son temps, niuiilre l'iine façoa éclatante a quel point un I omine de geuie |ieul a^M.■rvlr u ruiMin siix <apne«| 4* Ij uiuiLilu le, qu'il acouti pour t'en laire ecuul4.-r. |(>uiiot.j

592 RODOGUNL.

SI-LEUCUS.

Lorsque robéissancc a fanl d'impiété^ La révolte devient une iicccssilô.

ANTIOCIIUS.

La révolte, mon frère, est bien précipitée

Quand la loi qu'elle rompt peut être rétracté*;

El cVsl à nos désirs trop de témérité

De vouloir de tels biens avec facilité :

Le ciel par les travaux veut qu'on monte à la gloinl

Pour gagner un triomphe il faut une victoire.

ilais que je lâche en vain de flatter uos tourments!

Nos malheurs sont plus forts que ces déguiscmenti.

Leur excès à mes yeux pareil un noir abime

Où la haine s'apprête à couronner le crime,

Où la gloire est sans nom, la vertu sans honneur.

Où sans un parricide il n'est point de bonheur;

El, voyant de ces maux l'épouvan table image,

Je me sens affoiblir quand je vous encourage;

Je rrén)is, je chancelle; et mon cœur abattu

Suit tantôt sa douleur, et tantôt sa vertu.

Mou flore, pardonnez à des discours sans suite,

Qui font trop voir le trouble où mon âme est réduite.

SÉLEUCUS

J'en ferois comme vous, si mon esprit troublé

Ne seconoit le joug dont il est accablé.

Dans mon ambition, dans l'ardeur de ma flamme,

Je vois ce qu'est un trône, et ce qu'est une fenimt;

Et, jugeant par leur prix de leur possession,

J'éteins enfin ma flamme, et mon ambition;

Et je vous céderois l'un et l'autre avec joie,

Si, dans la liberté que le ciel me renvoie,

La crainte de vous faire un funeste présent

Ne me jf^ioit dans l'âme un remords trop cuisant.

Dérobons-nous, mon frère, à ces âmes cruelles,

Et laissons-les sans nous achever leurs querelles.

ANTiocnus.

Comme j'aime beaucoup, j'espère encore un peu. L'espoir ne peut s'éteindre où brûle tant de feu; El S(in reste confus me rend quelques lumières Pour juger mieux que vous de ces âmes si flores. Croxcz-mut, l'une et l'autre a redouté nos pleurs ;

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