ACTE V, SCÈNE VI
I Ven{^o ainsi le refus iruii coup trop inliuinaiii.
» r.(';;iii"z; vl swilmil, mon cher frire,
■ (tnril»z-vous de la même main.
■ C'est... » 1.8 parque à le mol lui cou|k> la parole; Sa iumii're s'eleinl, el son àme s'en\oIe : Et moi, loi.i elfrayé «I un si Irapnjue sort, J'aecours pour vous en f.iire ini funosle rapport.
ANTUU.IIIS.
Rapport vraiinenl fnne-<lo, el sort Maiment traijiqiM, t^'ii va cliain;iT fn piruis lalléj^resse publique. O Irerc, plus aime «]ue la clarté «lu jour ! 0 rival, aussi cher que m'éloit mon amour! Je le perds, el je liouvc eu ma douleur extrènie Un malheur dans ta mort |>ius grand (|ue ta mort méttM* 0 de ses derniers mois l'alale obscurité! En quel gouffre d'horreur m'as-tu précipité! (Juand j'y pense chercher la m-aiu qui l'assassine. Je m'impute à forfait tout ce que j'imagine; Hais aux marqui>s eiitîn que lu m'en viens donner. Fatale onscurilé, qui dois-je en soupçonner? • Une main qui nous fui bien chère! •
(à Rodoguoe.)
Madame, est-ce la vôtre, ou celle de ma mère? Vous vouliez toutes deux un coup trop inhumaiti; Nous vous avons tous deux refusé notre main : Qui de vous s'est vi ngee? est-ce 1 une, est-ce l'autre, '^ui fait agir la sienne au refus de la nuire? tst-ce vous qu'en coupable il me faut regaider? (ùsl-ce vous désoruiais dout je uie dois garder.'
CLlioPATHE.
Quoi! voiu lue aoup^ounez!
RODOGL>E.
Quoi! je vous suis suspect»!
AMIUCULS.
Je suis amanl et fils, je vous aime, el respee.e ;
liais quoi que sur mon cœur puissent des noms si doui«
A ces mar>|ues enlin je ne connois que \ou!i.
A»-lu bien culeudu/ dis-lu vrai, Timagéne?
TIMACENE.
A^ant qu'en 8»>u|K;omier la princesse ou la reine, Je luourrois nulle fois; u^ais euliii mon reiit
812 HODOGUiNE.
Coulic'ut, sans rien de plus, ce que le prince a diL
ANTlOtUUS.
D'un et d'autre côté l'action est si noire,
Que, n'en pouvant douter, je n'ose encor la croire
0 quiconque des deux avez verso son san^;, i\c- vous préparez plus à me percer le flanc. Kous avons mal servi vos haines muluelles, Aux jouis l'une de l'aulre également cruelles; Msm si j'ai rcliisé ce détestable emploi, Je Veux bien vous servir toutes deux contre moi : Qui que vous soyez donc, recevez une vie Que déjà vos fureurs m'ont à demi ravie.
(Il lire son êpée, et vent se tmr.) RODOGUNE.
Ah! seiQaeur, arrêtez.
TIMACÈNE.
Seigneur, que faites vous? ANTiocncs.
h sers ou l'iine ou l'autre, et je préviens ses coupe
CLÉOPATRE
Vivez, régnez heureux.
ANTIOCHUS
Olez-moi donc de doute.
Et montrez-moi la main qu'il faut que je redoute. Qui pour m'assassiner ose me secourir, Et nie sauve de moi pour me faire périr. Puis-je vivre et traîner cette gêne éteinelle, Confondre l'innocente avec la criminelle. Vivre, et ne pouvoir plus vous voir sans m'ahiriiier Vous craindre toutes deux, toutes deux vous aimer? Vivre avec ce touimcnt, c'est mourir à toule heure; Tirez-moi de ce trouble, ou souffrez que je meure, El que mon déplaisir, par un coup généreu», Épargne un parricide à Tune de vous deux.
CLÉOPATRE
Puisque le même jour que ma main vous couronc« e perds un de mes fds, el l'aulre me soupç^onne, .'au milieu de mes pleurs, qu'iJ. devroil essuyer, n peu d'amour me force à me justifier, vous n'en pouvez mieux consoler une 'aiéie u'ea la traitant d'égale avec une étrangère,
ACTr V, SCF.NK IV. •»?
le vous (lirai, «ri[;n(Mir (car ce n'est plus à moi A noiiiiner autreinciit el mon '\\\[]e et iiioii roi), C'!'"' vous voyez l'effel de celle vieille haiue (Ju on (lépil de l;i |t;iix me ganle riiiliuin:iine, Qu'en sou rnnir du |>;iss«^ soulieiil le souvenir, El que j'avois raison de vouloir piéveuir. tllo a soif tie mon s.ing, elle a voulu l'epandre : J'ai prévu d'asseï »in ce que j'en viens d'apprendre; Hais je vous ai iu^sé désarmer mon courroux.
(i Rodnfcnne.)
Sur la foi de ses pleurs je n'ai rien craint de vous. Madame; mais, ô dieux! quelle rage est la vôtre! Quand je vous donne un fils, vous assassinez l'aulro^ El m'enviez soudain l'miique el foible appui Qu'une mère opiiriuu'e oui pu trouver en lui! Quand vous m'aocohleroz, où sera mon refuge? Si je m'en plains au roi, vous possédez mou jugej El s'il m'ose écouler, poul-èlre, liélasi en vain Il \oudra se garder de cette même main. Ijifin je suis leur mère, el vous, leur ennemie; i ai recherché leur gloire, et vous, leur infamie; Kl si je n'eusse aimé ces fils que vous m'ôtei. Votre aboid en ces lieux les eût déshérités. C'est à lui mainteiiaiil, en celle concurrence, A répler ses soupçons sur celle différence, A voir de qui des doux il doit se défier, Ki vous n'avez un chnrme à vous justifier.
nODOClNE, à Clpopâlre.
Je me défendrai mal : l'innocence étonnée He peut s'iuiaginer qu'elle soit soupçonnc'-e , Kl n'ayant rien prévu d'un altenlat si grand, Qui l'en ^eut accuser sans peine la surprend.
Je ne m'itoune point de voir que votre haine Four me fain- coupable a (piillé ïimagéue. Au moinilre jour ouTerl de tout jeter sur moi, Sou récil s'est trouvé digue de votre foi. Vous l'arrusiez pourtant, quand votre àme alarme^ Craiguoit <|u eu expirant ce fils vous eût mimuieo ; Alais de »<•« derniers mois voyant le sens douteux. Vous avez pris soudain le crime entre not ~ux. - Celtes, ai vous voulez passer oour vérilali
è\i RODOGUNE.
Que l'une de nous deux de sa nioit soil coupable,
Je veux Mon par respect ne vous iuipulci rien;
Mais votre bras au crinrie est plus fait qm le iniea;
Et qui sur un époux fil son apprenlissiii;c
A bien pu sur un fils achever son ouvra(;e.
Je ne dénîrai point, puisque vous les save/,
De justes sonliments dans mon âme éiev<-s :
Vous demandiez mon sang; j'ai demande le vôtrn î
Le roi sait quels motifs ont poussé l'une t'i l'autre;
Comme par sa prudence il a tout adouci,
Il vous connoît peut-être, et me connoît aussi.
(à Antiochiu.)
Seigneur, c'est un moyen de vous être bien clv re Que pour don nuptial vous immoler un brre : Ou fait plus; on m'impute un coup si pliM.i d'horreur, Piur me faire un passage à vous percer le cœur.
(à Cléopfttre.) Où fuirois-je de vous après tant de furie. Madame? et que feroit toute votre Syrie. Où seule et sans appui contre mes attentais Je verrois?... Mais, seigneur, vous ne m'icoutez past
ANTIOCDOS.
Non, je n'écoute rien; et dans la mort d'un frère Je ne veux point juger entre vous et ma niere : Assassinez un Ois, massacrez un époux, Je ne veux me garder ni d'elle ni de vous
Suivons a\euglément ma triste destinée; Pour m'exposer à tout achevons l'hymcni'e. Cher frère, c'est pour moi le chemin du Irepat: La main qui l'a percé ne m'épargnera n.is , le cherche à te rejoindre, et non à m'en ih tendre, Et lui veux bien donner tout lieu de me sucprendrif Heureux si sa fureur qui me prive de toi Se fait bientôt connoitre en achevant sur moi, Et si du ciel, trop lent à la réduire en pomlre, Son crime redoublé peut arracher la foudre I Donnez-moi.
RODOGUNE, l'empêchant de prendra la cMf»
Quoi, seigneur!