‹ uvres des deux CorneilleChapitre 50 sur 433 · SCÈNE VL — D. DIÈGUE , D. RODRIGUE · texte numérisé non relu

SCÈNE VL — D. DIÈGUE , D. RODRIGUE

D. DIÈGUE

Rodrigue, enfin le ciel permet que je te voie.

D. RODRIGUE

Hélas!

D. DIÈGUE

Ne mêle point de soupirs à ma joie; Laisse-moi prendre haleine afin de te louer : Ma valeur n'a point lieu de te désavouer; Tu Tas bien imitée, et ton illustre audace Fait bien revivre en toi les héros de ma race : C'est d'eux que tu descends, c'est de moi que tu viens} Ton premier coup d'épée égale tous les miens ; Et d'une belle ardeur ta jeunesse animée Par celle grande épreuve atteint ma renommée. Appui de ma vieillesse, et comble de mon heur, Touche ces cheveux blancs à qui lu rends l'hooneur; Viens baiser celte joue, et reconnois la place Oti fut jadis l'affront que ton courage efface '.

D. RODRIGUE

L'honneur vous en est dû, les cieux me sont témoins Qu'étant sorti de vous je ne pouvois pas moins. Je me tiens trop heureux, et mon âme est ravie Que mon coup d'essai plaise à qui je dois la vie : Mais parmi vos plaisirs ne soyez point jaloui Si je m'ose, à mon tour, satisfaire après vous; Souffrez qu'en liberté mon désespoir éclate;

• Tai. où fiil, empreint ValTrout que ton courage eflace

D. RODRIGUE

L'honneur vous en est dû, je ne pœivois p?;' moins Étant sorti (!e vous et nourri par vos soins. te m'en tien: trop heureux, etc.

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