D. ALONSE
Sire, Chimène vient vous demander justice.
LE ROI
La fâcheuse nouvelle, et l'importun devoir*!
Va, je ne la veux pas obliger à te voir.
Pour tout remercîment il taut que je te chasse :
Mais avant que sortir, viens, que ton roi t'embiasse.
(D. Rodrigue rentre.) D. DIÈGUE.
Chimène le poursuit, et voudroit le sauver.
LE ROI
On m'a dit qu'elle l'aime, et je vais l'éprouver. Montrez un œil plus triste.
SCÈNE V. — LE ROI, D. DIÈGUE, D. ARIAS, D. SANCHE; D. ALONSE, CHIMÈNE, ELVIRE.
Enfin soyez contente, Chimène, le succès répond à votre attente. Si de nos ennemis Rodrigue a le dessus. Il est mort à nos yeux des coups qu'il a reçus; Rendez grâces au ciel qui vous en a vengée.
(à D. Diègne.) Voyez comme déjà sa couleur est changée.
D. DIÈGUE
r-lais voyez qu'elle pâme, et d'un amour parfait, l)i!ns cette pâmoison, sire, admirez l'effet.
' Dès ce moment, Rodrigue ne peut plus'être puni ; toutes les poursuites de t'.liinione paraissent surabondantes. Elle est dont ji loin de manquer aux biculoances, comme on le lui a reproché, qu'au contraire eile va au delà de sou levoir en demandant la mort d'un homme devenu si nécessaire à l'Etat.
(Voltaire.]